À la retraite, chaque décision compte, et certaines erreurs — souvent bien intentionnées — peuvent littéralement vous coûter des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars. Je le vois souvent : des personnes qui ont accumulé des montants importants au courant de leur vie pour leur retraite finissent par perdre une partie considérable de leur patrimoine à cause d’un mauvais retrait effectué au mauvais moment ou simplement en raison d’une structure fiscale mal optimisée. Je m’appelle Joseph Antoine McDylani. Je suis conseiller en gestion de patrimoine, gestionnaire de portefeuilles et planificateur financier à la Financière Banque Nationale. Au cours des dernières années, j’ai accompagné des centaines de clients dans leurs planifications financières, et aujourd’hui, je souhaite vous présenter les trois erreurs les plus coûteuses que j’observe chez les retraités, tout en vous expliquant comment les éviter afin de garder le plus d’argent possible dans vos poches.
La première erreur consiste à commencer à prendre sa RRQ trop tôt. Il est vrai que vous pouvez la recevoir dès l’âge de 60 ans, et plusieurs souhaitent en profiter rapidement. Toutefois, si votre état de santé est bon, il est souvent plus avantageux d’attendre. Par exemple, pour une rente maximale, le montant versé à 60 ans est de 917 $ par mois, alors qu’en repoussant jusqu’à 72 ans, la rente atteint 2 276 $, soit environ 2,5 fois plus. Il est toutefois crucial de mentionner que pour retarder la RRQ, vous devez disposer d’investissements permettant de soutenir vos retraits, comme des REER, des CELI ou des placements non enregistrés. Ces fonds serviront à maintenir votre coût de vie, le temps de repousser la RRQ afin de bénéficier d’un montant nettement plus élevé. C’est une décision qui se fait au cas par cas, mais en en discutant ensemble ou avec un professionnel, on peut déterminer le moment optimal pour vous.
La deuxième erreur est d’attendre systématiquement à 71 ans pour convertir son REER en FERR. Plusieurs croient qu’ils ne peuvent commencer à décaisser avant cet âge, mais ce n’est pas le cas. À 71 ans, on doit faire la conversion, et à 72 ans, les retraits obligatoires débutent. Mais si, par exemple, vous repoussez votre RRQ à 70 ans et que vous prenez votre retraite à 65 ans, les années entre 65 et 70 représentent une période où vos revenus risquent d’être plus faibles. C’est souvent un moment idéal pour commencer à décaisser votre REER, ce qui vous permet de profiter d’un taux d’imposition plus bas. De plus, cela réduit le solde dans votre FERR plus tard, ce qui diminue les retraits obligatoires à 72 ans — et donc l’impôt à payer. C’est encore du cas par cas, mais je peux évaluer avec vous si cette stratégie vous convient.
Un autre élément important est le risque fiscal en cas de décès prématuré sans conjoint survivant. Dans une telle situation, l’ensemble du montant détenu dans vos REER est réputé être retiré l’année du décès. Par exemple, si vous aviez 500 000 $ dans votre REER, l’impôt serait calculé comme si vous aviez reçu un revenu de 500 000 $, ce qui vous propulse dans la plus haute tranche d’imposition et peut entraîner la perte d’environ la moitié du montant en impôts. Cela signifie moins d’argent pour votre succession ou pour les dons planifiés. Décaisser plus tôt permet souvent de réduire ce risque.
La troisième erreur consiste à mettre les mauvais titres dans les mauvais comptes. Nous avons trois principaux types de revenus : les gains en capital, les dividendes et les intérêts. Les intérêts sont les plus lourdement imposés, suivis des dividendes, puis des gains en capital, imposés à 50 %. L’objectif est donc de placer les titres générant des intérêts, comme les CPG et obligations, dans des comptes enregistrés comme les REER ou les CELI, puisque la croissance y est à l’abri de l’impôt. Quant aux actions, qui génèrent principalement des gains en capital, elles sont souvent mieux placées dans des comptes non enregistrés, où l’impôt ne s’applique qu’au moment de la vente, et seulement sur la moitié du gain. En plaçant les bons titres dans les bons comptes, vous pouvez réduire considérablement votre facture fiscale sans changer votre rendement.
Comme vous le voyez, il ne suffit pas d’avoir épargné toute sa vie pour garantir une retraite sereine. La véritable différence se fait dans la stratégie de décaissement : quand sortir, dans quel ordre, et à partir de quel compte. Une bonne planification, ce n’est pas seulement des chiffres : c’est ce qui vous permettra de profiter pleinement de votre retraite, sachant que votre argent travaille pour vous. Si vous approchez de la retraite, ou si vous êtes déjà retraité et que vous souhaitez optimiser votre RRQ, vos retraits de REER, ou mettre en place une structure de placement efficace, je vous invite à cliquer sur le lien sous la vidéo pour prendre rendez-vous avec moi. Ensemble, nous prendrons le temps d’examiner votre situation financière et de bâtir un plan solide pour que chaque dollar que vous avez gagné reste entre vos mains le plus longtemps possible.