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Actualités économiques

Impact économique

Afin de vous éclairer et de stimuler votre réflexion face au contexte actuel, Stéfane Marion et Nancy Paquet se penchent sur l’actualité économique et vous partagent leurs perspectives via nos vidéos informatives mensuelles.

Alors bonjour, bienvenue à Impact économique. Nous sommes mardi le 28 avril 2026. Stéfane, comme toujours un plaisir de te revoir. Un mois plus tard, qu'est-ce qui se passe?

Il y a de l'action partout.

Ok, dis-nous en plus.

Il y a plein d'action partout, mais c'est le statu quo par rapport au mois passé. Le prix du pétrole a varié mais on est revenu à 100 $ Nancy.

Alors on a connu de la variation durant le mois.

Oui, t'as raison, beaucoup de péripéties aussi. La raison pour laquelle on reste à 100 $ Nancy, c'est que nonobstant ce que les politiciens nous disent autour de la planète, il y a rien qui se passe dans le détroit d'Ormuz.

Ce qui est quand même inquiétant.

Ta chaîne d'approvisionnement manufacturière demeure bloquée puis là tu entres dans un 3e mois de blocage avec des inventaires qui se raréfient, donc.

Stéfane, est-ce que c'est pour ça que ce matin les Émirats arabes ont annoncé qu'ils sortaient de l'OPEP?

Il y a certainement un lien. Ça fait plusieurs, plusieurs années qu'ils étaient frustrés, mais là, il y a un processus plus c'est fermé longtemps, moins j'ai de revenu. Moi je vais devoir reconstruire les infrastructures détruites au cours des derniers mois. Pour ce faire, je vais devoir produire plus. Donc les États arabes unis se sont dit, ben moi je ne veux plus faire partie d'un club qui restreint ma liberté de pouvoir produire pour me reconstruire. C'est très certainement relié à ça Nancy, mais ça revient à ce qu'on disait avant. Il y a un changement structurel qui s'opère au niveau de la chaîne d'approvisionnement qui va même impacter la soi-disant cohésion qu'il y avait avec l'OPEP depuis quelques années.

Oui.

Oui.

Tout à fait.

Oui.

Et quelles sont nos espoirs de voir le détroit d'Ormuz rouvrir rapidement? Je sais que t'as pas de.

Ben premièrement de faire une lecture quotidienne, puis en passant sur notre site Internet on fait la lecture, la vigie de ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz. Donc encore une fois, pour l'instant, rien qui se passe mais, puis les probabilités que ça réouvre à court terme, écoutez pour la fin du mois c'est 1.8 %.

Ça arrivera pas.

Pour le 31 mai c'est 39 %, c'est à peu près les mêmes probabilités qu'on donne présentement sur Polymarket pour les Canadiens de Montréal gagnent la série contre Tampa Bay donc juste. En passant en passant. Donc rien avant la fin juin pour le moment. Puis encore une fois Nancy, ça ça impacte la chaîne d'approvisionnement parce que j'insiste là-dessus, c'est pas juste l'énergie qui est bloquée, c'est l'approvisionnement en hélium, en aluminium. L'aluminium en fait les alumineries ont été détruites donc on peut pas les rouvrir du jour au lendemain.

Non ça va être long.

C'est la raison pour laquelle les prix sont un record de tous les temps. La production d'engrais chimiques, le plastique encore une fois. Donc, il y a une raréfaction des inventaires, puis ça va commencer à frapper dans les prochaines semaines.

Et ça ça veut dire donc l'épicerie, les fruits et légumes cet été malheureusement pour les Canadiens risquent de coûter plus chers.

Les probabilités sont plus à ce que ce soit plus haut que plus bas. Tu as absolument raison, je peux pas impacter une chaîne d'approvisionnement avec le coût d'énergie sans avoir un impact sur le prix de la nourriture, c'est corrélé, Nancy.

Et pourtant, malgré tout ce que tu nous dis ici, on voit des records.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. La preuve: la bourse est à un record de tous les temps. Ce qui est inédit dans un contexte de choc pétrolier, parce que comme on en avait parlé, historiquement, choc pétrolier ça entraîne souvent, en fait plus souvent, en fait toujours accompagné d'un choc d'un environnement baissier pour la bourse, donc une baisse d'au moins 20 %. Cette fois-ci c'est particulier, c'est un record de tous les temps pendant même que le choc n'est pas complètement résolu. Ça c'est vraiment inédit.

Ouais donc on navigue maintenant dans des eaux jamais naviguées.

Mais une raison pour laquelle la bourse est à ce niveau-là, c'est pas que c'est les gens sont complaisants, c'est que, en passant, petite parenthèse avant qu'on parle à l'autre sujet. C'est toutes les classes d'actifs qui sont en hausse, c'est pas juste la bourse hein. Toutes les classes d'actifs depuis le début de l'année sont en hausse. Donc, imagine toi Nancy, j'ai un choc pétrolier qui en général amène énormément de volatilité sur les classes d'actifs, puis je me retrouve à un sommet avec des classes d'actifs qui offrent un rendement positif depuis le début de l'année.

Oui et on voit ici le marché émergent donc on sait que du côté de l'Asie c'est, écoute, dithyrambique les attentes des marchés.

C'est ce qui se passe au niveau des marchés, c'est que les marchés montent. Pourquoi? Parce qu'au même moment que le choc pétrolier, j'ai les révisions des bénéfices les plus positives depuis plusieurs années au niveau mondial. Mais dans l'Asie émergente, la région du monde qui est soi-disant la plus négativement impactée par le détroit d'Ormuz, sa fermeture, ben l'Asie émergente maintenant enregistre ses meilleures révisions à la hausse des bénéfices. Oui il y a des histoires comme ah la Corée, les semi-conducteurs ça va, les puces informatiques ça va bien, mais il y a plus que ça Nancy. Il y a aussi la capacité de produits manufacturiers, de puissance manufacturière comme la Chine qui ont une capacité d'augmenter leur prix aussi. Donc.

Tout à fait.

À voir.

Tout à fait. Et donc si on regarde nos estimés ou nos prévisions de marché. En janvier dernier, toi et moi on regardait ça pour dire mon Dieu, ils vont doubler. Ce qu'on avait fait en 2026, on trouvait déjà que c'était beaucoup.

Ben on disait en janvier, 15 % c'est 50 % d'augmentation.

Ouais.

C'est agressif.

Ouais.

Là on est rendu à doubler, t'as raison 22.1 %, donc c'est des révisions de bénéfices exceptionnelles. On s'attend maintenant à une croissance des bénéfices par action à 54 % dans la zone asiatique. Toutes les régions du monde à part le Japon voient une amélioration au niveau des marges bénéficiaires. C'est ça qui est un peu la contradiction par contre. Donc je peux comprendre que les révisions à la hausse au niveau des bénéfices, mais est-ce que les compagnies vont vraiment pouvoir livrer la marchandise sur ce qu'on indique présentement, donc doubler la croissance des bénéfices par rapport à l'année passée?

Beaucoup d'attente dans le marché.

Tout est possible mais c'est de plus en plus ambitieux. Faut pas surprendre les gens à la baisse là, à négativement au cours des prochaines semaines.

Et pourtant le dollar américain.

Ben c'est cohérent avec ce qui se passe Nancy, parce que si les gens se disent ça va bien dans le meilleur des mondes, ben le dollar américain.

On se refuge moins.

C'est moins la valeur refuge, donc je reviens où j'étais au même niveau qu'au début de la guerre, donc ça c'est cohérent à ce niveau-là. Encore une fois ce que je dis Nancy, c'est est-ce que vous pourrez les compagnies livrer ce que vous promettez au marché présentement si je demeure fermé même encore un mois sur le détroit d'Ormuz, il y a certainement quelqu'un qui va se faire prendre au niveau des marges bénéficiaires, mais on va tester cette hypothèse là au cours des prochaines semaines.

Et pourtant malgré qu'on voit ça, puis là toi et moi on n'est pas d'accord là-dessus puis c'est correct, mais il y a pas une appréciation si grande du dollar canadien par rapport à la devise américaine. Je sais que tu vas me contredire.

On se maintient quand même. Tu vois on est autour de 1.36. Moi j'aurais pensé que dans le contexte du choc pétrolier, le dollar canadien a été 5 sous déprécié plus qu'il l'est présentement donc.

Alors qu'il y a une légère amélioration.

Quand tu te compares, tu le consoles, ça je comprends la frustration des gens, surtout ceux des gens qui veulent voyager.

Exact.

Mais c'est savoir, moi je pense que si tu commences à décevoir au niveau des bénéfices, dollar américain pourrait commencer à se réapprécier. Puis là tu vas être encore moins contente avec moi parce que dire le dollar canadien il va se déprécier au lieu de s'apprécier.

Oh tout à fait.

Mais cela dit Nancy, j'ai bon espoir que d'ici la fin de l'année, on continue à voir une appréciation du dollar canadien. Pourquoi? Parce qu'on bénéficie quand même de la fermeture du détroit d'Ormuz, puis de l'impact sur le prix des commodités étant donné que nous sommes un exportateur de commodités.

Tout à fait. Et d'ailleurs le Canada, plusieurs de nos classes d'actifs performent.

Oui, puis au niveau des commodités, puis ça c'est important. 52 % de tout ce que le Canada exporte en commodité, c'est de l'énergie en général. Mais n'oubliez pas, il y a des métaux qui sont à un record de tous les temps, des produits agricoles, tu sais, oui, c'est dommage, le prix de la nourriture va coûter plus cher au Canada, mais il y a des agriculteurs quand même qui en bénéficient au Canada, donc ça ce sont des grosses composantes. Fait que, quand je le mets tout ensemble Nancy, puis tu sais, on va avoir une mise à jour économique cet après-midi d'Ottawa, ça amène que y a des perspectives budgétaires qui étaient peu reluisantes en début février qui deviennent soudainement beaucoup plus reluisantes. Je t'explique, donc en février le gouvernement fédéral ils avaient la croissance des revenus va être de 3 % cette année, mais avec ce qui passe auprès des commodités t'es à 5 %. Pour des provinces comme l'Alberta, l'Alberta était la plus pessimiste de toutes les provinces au Canada cette année. Ils disaient, moi j'aurais juste 1.9 % de croissance des revenus, tu te retrouves à plus de 7 %, puis pour la Saskatchewan qui exporte aussi de la potasse.

Oui.

C'est à 9 %. Donc note que le Québec, l'Ontario en bénéficie un peu, mais il y a une composante importante. Puis avec la manne de revenus plus importante qui peut être générée avec le prix des commodités, ça amène au gouvernement fédéral d'explorer davantage les façons d'attirer des capitaux vers le Canada. Avec l'annonce d'hier, là peut-être un fond souverain.

Tout à fait.

Créé au Canada. Oui.

Tout à fait. Donc, ton mot de la fin, Stéfane?

22 % en attente de croissance, c'est très ambitieux, je veux y croire Nancy, mais tu dois me le prouver dans les prochaines semaines que la fermeture du détroit d'Ormuz n'a aucun impact sur les marges bénéficiaires, donc je m’attends peut-être avec un peu plus de volatilité. C'est certain qu'il y a certains secteurs qui pourront pas livrer la marchandise donc soyez pas surpris, choisissez vos zones géographiques, choisissez votre tolérance au risque, puis on verra au cours des prochains mois si vraiment j'ai des perspectives aussi reluisantes que escomptées présentement au niveau des valorisations.

Ben merci beaucoup Stéfane, toujours éclairant comme toujours. Puis je nous invite tous à suivre justement le site sur notre site web. Le lien va être mis pour voir toutes les mises à jour économiques que vous faites. Les recherches qui sont publiées peuvent nous aider à réfléchir et surtout parlez à vos conseillers pour avoir la chance de prendre tout ce contenu-là et de l'attacher à votre réalité pour vos objectifs financiers. Merci beaucoup d'avoir été là, merci encore Stéfane et on se revoit le mois prochain.

5 • 4 • 3 Perspectives de marché

5 minutes, 4 graphiques, 3 points clés à retenir… Découvrez « 5 • 4 • 3 », un nouveau regard trimestriel ciblé sur les marchés, l’économie et l’investissement avec notre expert Louis Lajoie, du Bureau du chef des placements de la Banque Nationale Investissements.

Bonjour tout le monde. Aujourd’hui, 16 mars, je vais essayer de faire le point rapidement sur un trimestre dans lequel il s’en est passé énormément, où il continue d’ailleurs de s’en passer beaucoup au moment même où on enregistre.

Sans plus tarder, je pense que la meilleure manière de résumer les dernières semaines, c’est de souligner à quel point on traverse une période de changements profonds, mais qui s’accélère également sur plusieurs fronts en même temps. Évidemment, le géopolitique, avec la situation en Iran, mais également le technologique, avec des avancées continues en intelligence artificielle qui sont venues soulever toute une série de questions pour d’importantes entreprises. Et, dans l’ensemble, tout ça nous dit quoi? Ça nous dit, effectivement, que l’incertitude augmente. Typiquement, l’incertitude, on l’adresse de manière cyclique; mais, forcément, dans le monde actuel, il faut l’aborder d’une manière plus structurelle, plus importante, donc il faut s’y habituer. Maintenant, on pourrait débattre longtemps des conséquences plus précises de ces changements-là.  Pour aujourd’hui, prenons simplement le temps d’écouter ce que les marchés nous disent depuis environ un an. Ils nous disent essentiellement trois choses. La première, c’est qu’évidemment, c’est porteur d’une importante volatilité, parfois très marquée dans des périodes brèves. On l’a vu en avril dernier avec les tarifs; on le voit, dans une certaine mesure, dans les derniers jours. Mais, au-delà de cette volatilité-là, il y a quand même une certaine résilience qui s’observe dans les marchés, qui affichent encore des gains substantiels au cours de la dernière année et quelque, là, signe qu’au-delà des chocs qu’on observe, il y a quand même une activité économique qui se poursuit en arrière-scène et qui soutient les marchés boursiers, pour autant qu’on soit adéquatement diversifié. Encore une fois, parce que l’histoire de la divergence s’est poursuivie en début d’année 2026, avec des écarts importants entre secteurs, entre facteurs, mais également entre pays. Encore une fois, avec les actions américaines qui font essentiellement du surplace depuis octobre dernier, alors qu’on a de meilleurs gains ailleurs dans le monde. Bien que ça aussi soit très volatil, on l’a vu: cet écart-là s’est refermé quelque peu dans les dernières semaines, alors que les États-Unis — les actions américaines — sont un peu moins sensibles aux aléas des prix de l’énergie, qui créent beaucoup de remous sur les marchés, pour de bonnes raisons, dans la mesure où il n’y a pas de goulot d’étranglement plus important, pour l’univers énergétique, que le fameux détroit d’Ormuz, au sud de l’Iran, qui, en ce moment, est à toutes fins pratiques fermé. Malgré ça, comme vous le voyez, on n’est pas allés aussi haut qu’on a pu aller en début 2022, lors de l’invasion russe en Ukraine, au niveau des prix du pétrole. Mais, plus important encore, on voit que le marché traite la situation actuelle comme étant au moins en partie temporaire, dans la mesure où le prix pour un baril de pétrole dans 12 mois — ce qui est la ligne bleu pâle ici — augmente, oui – donc, il y a des conséquences aussi sur 12 mois –, mais aucunement dans la même mesure que ce qu’on voit dans la situation actuelle. Ce qui est logique, dans la mesure où la situation actuelle est, à bien des égards, tout à fait insoutenable pour toutes les parties concernées ici. Il faut continuer de suivre ça. Malheureusement, l’éventail des scénarios, malgré tout, est encore assez large. Mais, pour aujourd’hui, je vous dirais au moins que, sur le plan économique, il y a lieu de penser qu’on n’est pas sur le point de revivre l’épisode de 2022, qui avait été très difficile à la fois pour les investisseurs boursiers, mais aussi pour les investisseurs obligataires. Parce qu’il faut se souvenir qu’à l’époque, on a eu le choc géopolitique de l’Ukraine; mais l’inflation était déjà à 8 %, et les indicateurs économiques nous pointaient déjà vers un ralentissement devant nous. Aujourd’hui, la situation est différente. Les indicateurs économiques avancés nous parlaient plutôt d’une reprise cyclique qui se profilait devant nous — comme on commençait à le voir à certains égards — mais qui est forcément devenue plus incertaine, plus à risque. Alors que, forcément, les prochains chiffres d’inflation vont être définitivement plus élevés qu’on l’espérait avant la situation en Iran.

En conclusion, pour aujourd’hui, trois choses. Ce n’est pas compliqué : on traverse une période de changements et d’incertitude très profonds sur le plan géopolitique et technologique, ce qui fait bouger les marchés et les rend très volatils, surtout au sein même des marchés boursiers. De sorte que, pour un investisseur diversifié, malgré tout ça, il n’y a pas nécessairement trop de conséquences négatives. Et ce constat-là — volatilité, divergence, mais également résilience — devrait demeurer l’histoire dans le prochain trimestre. Bien que l’aspect « résilience » va être mis à l’épreuve ici, parce que les risques autour du scénario économique ont forcément augmenté avec les tensions géopolitiques, mais plus spécifiquement la hausse des prix de l’énergie. 

C’est tout pour aujourd’hui. Merci d’avoir été à l’écoute. On se reparle en juin. Et puis, d’ici là, bon printemps tout le monde.

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