Alors aujourd'hui, capsules vidéo on va avoir deux sujets incluant
une mise à jour des marchés financiers. Mais avant toute chose, est ce
que tu pourrais nous parler du G10 ?
Oui, le G10 célèbre son 20ᵉ
anniversaire en ce moment, au mois de septembre, alors on en est bien heureux.
Euh. Est ce que tu pourrais nous parler de la prémisse ou l'idée
derrière la création du G10 ?
Il faut dire que le panier des dix a pris naissance le 1ᵉʳ septembre
2005. Mais préalablement, Jean-Marc Millette et moi-même, on était en
fait intéressés sur une étude provenant de l'Université Western en
1998, où des jeunes étudiants doctorants amenaient l'idée d'un modèle
de gestion qui est emprunté d'un modèle américain mais qui tentait
d'adapter à la réalité canadienne.
Alors c'est ça qui est vraiment les fondements même du panier G10
qui ont été repris au 1ᵉʳ septembre de 2005 et entre autres, un des
éléments qui nous intéressait fortement, c'était la l'élément d'un
facteur qui, associait de l'importance au momentum des titres à
l'intérieur du portefeuille. Mais aussi on voyait que le momentum
créait de la valeur ajoutée en terme de performance pour un panier d'actions.
Au sujet de la performance, est ce que tu peux nous en dire plus sur
les derniers 20 ans ?
Bien, sur 20 ans, ce qui amenait notre attention au départ se
valide, car le panier G10 apporte une valeur ajoutée de un peu plus de
1 % par rapport à l'indice de référence sur cette longue période de 20 ans.
Et en 2025, avec tout ce qu'on a connu sur les marchés, comment se
débrouille le G10 ?
Le G10 démontre en fin de compte que dans les moments où les marchés
sont vraiment beaucoup plus émotionnels que rationnels, bien la
performance est vraiment excédentaire. Jusqu'à maintenant, on a une
très très bonne année en 2025. Mais je reviendrais aussi sur les
éléments qui sont les constituants du panier G10. Parce que ce qu'il
faut voir, c'est que dès le début, ce modèle apportait près de 75 80 %
50 du travail et travail d'analyse quantitative, donc très loin des émotions.
Et force est d'admettre qu'en 2025, des émotions, on peut en avoir,
particulièrement dans la première partie de l'année. Et l'autre
élément plus actuel, plus moderne, c'est les critères, en fin de
compte, ESG qu'on appelle, soit pour E environnemental, le S pour le
côté social et le G pour la gouvernance.
Et 2025 beaucoup d'action, probablement en haut du panier G10. Je
pense qu'au niveau de la performance on est pas mal au même niveau que
l'indice de référence. Est ce que tu pourrais nous donner un ou deux
titres qui ont bien performé dans le G10 ?
Ce qu’on doit dire c'est qu'au moment présent, le panier G10 a un
rendement excédentaire par rapport à l'indice de référence en date du
1ᵉʳ janvier jusqu'à maintenant. Les grands changements qu'on a pu
apporter sont arrivés en début de mai, à la suite de la fin de
trimestre et à la suite aussi d'un élément important. C'est qu'entre
janvier et mars et même en avril, disons que Monsieur Trump
contribuait à augmenter la la volatilité ou les les soubresauts des marchés.
Le panier Le modèle de gestion a capturé deux beaux titres, soit
Intact financial. Mais surtout, surtout, je devrais souligner la
performance importante de Sélestat qui, le 12 mai dernier, faisait son
apparition à l'intérieur du panier G10 à 130, 131$ et au moment
présent, se transige aux alentours de 340, 345 $.
Donc si on a une chose à retenir du panier G10 : discipline au
niveau du processus, processus d'achat, qui fait son succès depuis sa
création, il y a maintenant 20 ans.
Oui, effectivement, tu as bien raison. Et j’ajouterais aussi un
élément qui fait partie des fondements même du panier G10. Chacun des
dix titres doit représenter 1/10 du portefeuille et de façon
trimestrielle, on doit repartir notre modèle de gestion, notre
processus, pour s'assurer que chacun des titres représente 1/10. Comme
par exemple, Sélesticat qui représentent plus de 10 % du portefeuille.
Alors ce titre respecte probablement l'ensemble des critères.
Toujours, il va demeurer, mais il doit être rebalancer. On doit vendre
l'excédent par rapport à 10 %, soit la pondération normale de chacun
des titres du panier G10.
Donc un 20 ans qui teinté de succès pour le G10. On va donc
souhaiter un prochain 20 ans aussi bon pour côté performance.
Si on regarde les prochains mois, ce sont des mois avec énormément
d'enjeux et énormément de défis. Quels sont à ton avis, en fin de
compte, les éléments importants qu'on a à retenir pour les prochains
mois de l'année 2025 et même 2026 ?
Beaucoup de résilience au niveau des marchés. On pense que ça va se
maintenir au niveau de la volatilité. Il faut se rappeler que dès le
début de l'année, on était toujours dans une incertitude qui était
causée par ce qui se passait chez nos voisins américains. Monsieur
Trump sortait d'une élection, avait fait des promesses au niveau de 3
sujets importants, c'est à dire au niveau des tarifs, au niveau de la
baisse des impôts et la déréglementation, au niveau de certains secteurs.
Au niveau des tarifs, on a tous entendu parlé de long en large.
C'est ce qui a causé essentiellement la baisse des marchés pour les
quatre premiers mois. Puis qu'est ce qui était arrivé après ça à la mi
avril ? Là, on a commencé à donner un coup de pied sur la canne, comme
on peut dire, de dire de de repousser le problème à plus tard.
Et à chaque fois, on dirait que les marchés réagissaient
positivement à cette nouvelle là. Donc les marchés étaient soutenus
par aussi beaucoup de capitaux qui sont sur les lignes de côté. Les
résultats des entreprises qui étaient également très bons. Donc, ça
l'a maintenu la hausse au niveau des marchés. Maintenant, si on
regarde au niveau de la baisse des impôts : on a entendu parler, mais
rien de concret jusqu'à présent.
Il faut comprendre qu'au niveau des tarifs, les tarifs sont des
recettes supplémentaires que le gouvernement cherche à aller chercher
pour gonfler ses coffres. Et puis après ça peut être décidé de baisser
les impôts. Si les entrées de fonds suffissent ou permettent
d'équilibrer au niveau budgétaire. C'est difficile jusqu'à présent je
pense de quantifier ces nouvelles entrées de fonds, ces nouvelles recettes.
Donc il semble que la baisse d'impôts, on entend moins parler parce
que peut être plus difficile de quantifier et de donner un certain
souffle aux particuliers et aux entreprises. Dernier point au niveau
de la déréglementation, on cherche peut être à venir défaire ce qui
avait été fait par l'ancien gouvernement. Surtout, entre autres, on a
parlé des crypto monnaies, on a parlé au niveau de l'énergie, monsieur
Trump étant quelqu'un qui est pro libre marché, donc va encourager
tout ce qui peut être bon pour l'entreprise et particulièrement au
niveau des entreprises américaines.
De là aussi le lien avec les tarifs qu’il cherche à imposer pour
protéger les entreprises aux États-Unis au niveau de la production et
ramener des emplois surtout. Encore une fois, ça semble être plus
difficile que prévu. Donc c'est un peu ce qui risque de teinter les
prochains mois. On est déjà rendu au mois de septembre.
Historiquement, le mois de septembre est un mois où on va faire du
surplace. Jusqu'à présent, le mois de septembre va très bien. Reste à
voir qu'est ce qui va se passer en octobre. Souvent, là où on va
chercher à l'aube de l'automne, les marchés sont toujours aussi
résilients. Là où on a certaines interrogations, toutefois, c'est au
niveau de l'agenda de Monsieur Trump, parce qu'on a hâte de voir
comment il va se dessiner.
Surtout que monsieur Trump avait fait de nombreuses promesses
électorales, comme mentionné plus tôt. Et là, sachant que l'élection
de mi mandat arrive en 2026, on pense qu'il va peut être être serré
dans le temps ou va être pressé de réaliser certaines promesses qui
ont été faites, plus particulièrement au niveau de la baisse des
impôts, ce qui était son principal cheval de bataille lors de
l'élection en 2024.
Bref, on peut saluer la bonne performance des marchés financiers,
mais un élément quand même nouveau, c'est les taux d'intérêt, soit la
baisse des taux d'intérêt. Il faut souligner vraiment que la Réserve
fédérale vient d'abaisser son taux directeur depuis la première fois
en 2025. Mais ça fait plusieurs mois qu'on n'avait pas vu de baisse de
taux d'intérêt. Qu'est ce que tu peux nous dire à ce sujet ?
Bien effectivement, première baisse au niveau des taux d'intérêt
américains. On a parlé tantôt de l'agenda de Monsieur Trump, ce qui a
fait en sorte peut être que les éléments de son agenda ont été
difficiles à réaliser jusqu'à présent. C'est qu'il y a quelqu'un à la
Fed, M. Powell, qui lui tient tête. M. Powell a résister, plusieurs
fois, à baisser les taux malgré les pressions de Monsieur Trump et de
son gouvernement.
Cependant, les marchés anticipent quand même deux autres baisses
d'ici la fin de l'année. On va voir si ça va se réaliser. Chose
certaine, la Fed prend ses décisions basées sur des statistiques et on
peut constater que dans les derniers mois, les statistiques au niveau
de l'emploi, entre autres, ont vraiment fait en sorte que la Fed s'est
vu peut être contrainte de s'adonner à une prochaine baisse.
Et il semble que les prochaines baisses pourraient être modulées
suite aux résultats de certaines statistiques.
Bref, Simon, L'avenir nous dira si Monsieur Trump ou Monsieur Powell
avait bien raison d'intervenir de la façon qu'ils le font. Une chose
qui demeure et l'expérience me fait dire ceci : c'est que normalement
les marchés financiers sont toujours beaucoup plus favorables à des
baisses de taux d'intérêt, à de la déréglementation et à des baisses
d'impôts. Somme toute, cette prémisse là peut nous faire croire que
les derniers mois de 2025 et les premiers mois de l'année 2026
pourraient être fort favorables, fort intéressants pour les marchés boursiers.
Sur ce, bien, je te remercie, Simon pour cette capsule. Et puis au
plaisir et longue vie au panier G10!
Effectivement, merci beaucoup pour cet entretien.