Jean-François Gosselin
Alors, mesdames et messieurs, bonjour.
Bienvenue à cette revue des marchés et stratégies pour le mois d’octobre 2026.
Mon nom est Jean-François Gosselin. Je suis accompagné de Marc Dubuc. Salut, Marc.
Marc Dubuc
Bonjour Jean-François. Bonjour tout le monde.
Jean-François Gosselin
Sans plus tarder, regardons le plan de la présentation.
Nous allons commencer par les performances et les perspectives. Ensuite, nous regarderons le sentiment du marché avec quelques faits saillants. Nous terminerons avec les scénarios économiques avec lesquels nous travaillons et l’évolution de la stratégie.
Jean-François Gosselin
Regardons les performances dans le tableau à gauche.
Marc, nous avons quand même de très beaux résultats pour l’année 2026, surtout du côté des marchés boursiers.
Le marché canadien affiche un rendement de 13 %, tandis que le S&P 500, le marché américain, est à 16,8 % depuis le début de l’année.
Les marchés émergents sont à 28 %, et les fournisseurs d’intelligence artificielle affichent un rendement stratosphérique de 65 %.
Ça va donc très bien de ce côté-là.
Du côté obligataire, par contre, les rendements sont négatifs depuis le début de l’année. C’est un peu plus décevant, et je sais que tu vas nous en parler également.
Les clients me demandent si les résultats vont tenir pour la prochaine année, surtout qu’on voit les marchés bouger un peu plus récemment.
C’est toujours difficile à prévoir. Par contre, lorsqu’on regarde le graphique à droite, on constate que les perspectives de profits des entreprises sont intéressantes, autant pour 2026 que pour 2027.
Les estimations sont notamment de 9,9 % pour les marchés internationaux, représentés par la ligne pointillée bleu pâle, et de 23,9 % pour les marchés émergents.
Il y a donc quand même de belles perspectives de ce côté-là.
On peut penser que les marchés pourraient continuer de profiter de ce vent de dos.
Jean-François Gosselin
Toutefois, il y a quand même certains drapeaux jaunes.
On voit que nous sommes entrés dans une phase de consolidation. L’indicateur que nous avons l’habitude de vous présenter est maintenant à 36.
Nous ne sommes pas dans le pessimisme extrême, mais nous entrons dans une phase où il faut quand même être un peu plus prudent.
Marc, je vais te céder la parole là-dessus. L’un des éléments à surveiller est, je pense, l’évolution récente des taux d’intérêt, qui amène un peu plus de turbulence.
Marc Dubuc
Tout à fait, Jean-François.
Le grand retournement que nous voyons présentement se situe du côté des revenus fixes et des taux d’intérêt.
Nous n’avions pas vu des taux d’intérêt aussi élevés depuis 2007, avant la dernière grande crise.
Ce n’est pas nécessairement alarmant, mais il s’agit d’un changement de paradigme complet.
Depuis quelques années, les marchés obligataires étaient bercés par les communications de M. Trump aux États-Unis, qui martelait que les tarifs n’étaient pas inflationnistes. Même chose avec la guerre en Iran : le message était qu’elle se réglerait rapidement et qu’elle n’aurait aucun impact sur l’inflation.
Les marchés obligataires ont semblé croire ce discours pendant un certain temps.
Mais maintenant, ils nous indiquent clairement qu’il y a bel et bien de l’inflation dans le système. Ils exigent donc de meilleurs taux.
On voit les changements dans les courbes. À gauche, vous avez le Canada et, à droite, les États-Unis.
Du côté américain, lorsqu’on compare la situation d’il y a un an avec celle d’aujourd’hui, les progressions sont importantes. Pour le taux à 10 ans, on parle d’un passage de 4,09 % à 5,28 %.
C’est ce qui fait ralentir un peu les marchés.
Marc Dubuc
Il faut se rappeler que la valeur d’une action repose beaucoup sur les profits dont tu parlais précédemment.
Les perspectives de profits sont très bonnes.
Mais l’autre élément important dans l’évaluation d’une action est sa valorisation, soit combien les investisseurs sont prêts à payer pour ces profits.
Plus les taux d’intérêt montent, moins les investisseurs sont prêts à payer cher pour les profits des entreprises.
La question est donc de savoir si les taux d’intérêt vont continuer d’augmenter.
C’est ce que le marché essaie présentement de déterminer.
Marc Dubuc
D’un autre côté, je vais prendre le côté positif.
Pour les investisseurs qui ont un portefeuille plus équilibré, avec une bonne portion en revenus fixes, la situation commence à devenir intéressante.
Tu le disais tout à l’heure, les revenus fixes affichent cette année des rendements légèrement négatifs.
Mais maintenant, nous avons des taux d’intérêt qui deviennent plus intéressants. La portion obligataire des portefeuilles pourrait donc, elle aussi, devenir intéressante.
Le marché s’attend peut-être actuellement à trop de hausses de taux et pourrait devenir un peu trop pessimiste à cet égard.
Marc Dubuc
Lorsqu’on regarde l’inflation, on voit effectivement une poussée autant au Canada qu’aux États-Unis.
Mais lorsqu’on regarde la ligne rouge, surtout au Canada, nous sommes à 2 %. La cible de la Banque du Canada est de 2 %.
Nous sommes donc directement en ligne avec cette cible, et ce, malgré la forte hausse du pétrole.
L’inflation demeure dans une fourchette relativement raisonnable pour le Canada.
Aux États-Unis, elle est un peu plus élevée.
La Réserve fédérale a déjà commencé à augmenter son taux directeur. Elle pourrait peut-être le relever encore une ou deux fois. On verra.
Mais encore là, ce n’est pas majeur.
Si le prix du pétrole reculait légèrement, l’inflation pourrait revenir dans de bonnes fourchettes.
Marc Dubuc
Un indicateur que nous suivons souvent est l’ISM, présenté en haut à droite.
C’est un peu notre baromètre de la santé des entreprises manufacturières aux États-Unis. Ce sont des entreprises qui créent beaucoup d’emplois.
Lorsque l’indicateur est supérieur à 50, on peut considérer que nous sommes toujours en expansion.
À 54, le niveau demeure donc très bon.
Les perspectives indiquent toujours une croissance économique.
Les hausses récentes des taux d’intérêt ne semblent donc pas, pour le moment, ralentir l’économie de façon importante.
C’est ce que nous allons suivre au cours du prochain trimestre.
Jean-François Gosselin
Tu as raison, Marc.
Lorsqu’on regarde le graphique à droite sur les ratios cours-bénéfice, on constate que les marchés ont consolidé, autant aux États-Unis qu’au Canada.
Les ratios sont revenus dans des fourchettes plus raisonnables et se rapprochent de leurs médianes et de leurs moyennes.
Nous sommes revenus à 19,3 fois les profits aux États-Unis et à 15,7 fois les profits au Canada.
La situation est donc beaucoup plus raisonnable de ce côté-là.
On ne peut pas dire que le marché est extrêmement cher actuellement.
Jean-François Gosselin
Les scénarios avec lesquels nous travaillons n’ont pas beaucoup changé depuis notre dernière capsule cet été.
Nous accordons toujours une pondération de 60 % à un scénario de croissance en ligne avec le potentiel du marché.
Une pondération additionnelle de 10 % est accordée à un scénario plus optimiste.
Nous avons donc 70 % de pondération dans des scénarios positifs.
Il existe évidemment des risques, auxquels nous accordons une pondération de 30 %, mais ce n’est pas notre scénario principal actuellement.
Jean-François Gosselin
Au niveau de la stratégie, Marc, est-ce que tu anticipes de gros changements?
Marc Dubuc
Pour l’instant, non.
Comme je le disais tout à l’heure, les revenus fixes commencent à devenir un peu plus intéressants. Nous sommes donc moins négatifs à leur égard.
Ce n’est toutefois pas nécessairement le moment d’augmenter significativement notre exposition aux revenus fixes, parce que les actions continuent d’offrir un très bon potentiel.
Nous conservons également une position importante dans les marchés émergents.
Il faut se rappeler que ceux-ci sont aussi affectés par la hausse du pétrole. Toute accalmie du côté du pétrole pourrait donc avoir un impact.
Comme tu le mentionnais plus tôt, les profits attendus demeurent intéressants du côté des marchés émergents. Ils conservent donc un poids relativement important dans les portefeuilles.
Marc Dubuc
Du côté des revenus fixes, au cours des dernières années, nous nous sommes beaucoup concentrés sur des obligations à plus court terme.
Nous voulions nous protéger contre une éventuelle hausse des taux d’intérêt.
Maintenant que les taux ont augmenté, le moment viendra de redéployer ce capital vers des obligations à un peu plus long terme.
Jean-François Gosselin
Parfait. Nous allons donc revoir ces positionnements au cours des prochaines semaines.
Jean-François Gosselin
Vous avez nos coordonnées à l’écran.
Si vous avez des questions ou des commentaires à nous partager, n’hésitez pas à communiquer avec nous. Ça nous fait toujours grand plaisir de vous parler.
Sur ce, nous vous souhaitons à toutes et à tous un très bel automne.
À bientôt.
Marc Dubuc
À bientôt.