Capsules financières

Depuis plus de 25 ans, Sylvain Marleau accompagne le public sur les ondes de NousTV dans la découverte de l’univers de la finance personnelle. Grâce à son expertise et à son talent de vulgarisateur, il rend la finance plus accessible et compréhensible pour tous.

À travers ses plus récentes capsules, Sylvain Marleau décrypte les grands enjeux financiers et économiques susceptibles d’avoir un impact sur votre patrimoine et vos finances personnelles, et vous outille pour prendre des décisions éclairées.

Épisode 1 - IA et technologies

Bonjour et bienvenue à cette capsule financière. Aujourd’hui, je suis accompagné de Sylvain Marlot et nous allons parler de l’intelligence artificielle ainsi que des technologies.

Bonjour Valérie, bonjour à tous.

Aujourd’hui, on va parler d’un sujet que j’aime beaucoup : le sujet des technologies, et plus précisément de l’intelligence artificielle. Depuis ma tendre enfance, je suis un utilisateur de technologie. Mais est‑ce qu’en décembre 2025, au moment où on enregistre la capsule, on devrait investir dans le secteur ?

Vous savez, l’intelligence artificielle est très prometteuse, mais tous les jours on peut lire et voir dans les médias qu’on nous parle de bulles et que les prix sont peut‑être exagérés. Est‑ce que tu peux nous parler un peu des opportunités qui sont liées à tout ça ?

Le marché mondial de l’intelligence artificielle, surtout depuis 2023, fait beaucoup parler de lui en termes d’investissement. En 2024‑2025, le marché est évalué à environ 300 milliards de dollars et on parle d’une évaluation de 1 800 milliards en 2030. On nous dit que ce marché‑là va croître de 35 % par année. C’est une croissance qui est très importante en termes de chiffre d’affaires dans l’industrie.

Les applications sont infinies. Par exemple, dans le domaine de la santé, avant, un médecin lisait des imageries médicales seul. Aujourd’hui, il va être assisté par la technologie, ce qui peut améliorer les diagnostics. Dans le secteur bancaire, on utilise déjà plusieurs logiciels qui nous aident et nous donnent des repères pour l’avenir.

Dans le secteur de la logistique, tout le transport va profiter de ces avancées. On parle aussi de centres de données et d’infonuagique : vos données sont hébergées chez Google, Microsoft et d’autres. Pour ça, il faut des centres de données construits partout sur la planète. Il y a énormément d’activités économiques qui se développent dans ce secteur.

À titre d’exemple, on peut mentionner une entreprise souvent considérée comme le roi de l’intelligence artificielle : Nvidia. Pour que tout ça fonctionne, ça prend des processeurs et des pièces électroniques qui accélèrent les calculs. Nvidia domine actuellement ce marché. Si l’entreprise vend une pièce un million de dollars, elle peut générer environ 700 000 $ de profit, soit une marge de rentabilité de 70 %, ce qui est énorme.

Les centres de données explosent. L’intelligence artificielle consomme énormément d’énergie : ça prend de l’électricité, d’autres sources d’énergie, et on revient même sur le sujet de l’énergie nucléaire. Tout ça crée un effet d’entraînement économique et stimule plusieurs secteurs d’activité.

D’autres secteurs vont aussi en profiter, comme la cybersécurité. Depuis longtemps, il y a de la malveillance et du piratage informatique. La cybersécurité sert à protéger toutes nos données : celles dans nos téléphones, nos ordinateurs, nos voitures. À partir du moment où les voitures deviennent autonomes, il faut s’assurer que personne ne puisse en prendre le contrôle à distance.

On peut aussi penser aux opportunités en énergie verte, comme les éoliennes et d’autres solutions visant à produire de l’énergie tout en réduisant l’empreinte carbone. On parle également de blockchain et de solutions décentralisées qui pourraient transformer les méthodes de paiement entre les institutions financières et les pays.

Parlons des voitures autonomes. En 2025, on y est déjà. Vous pouvez acheter un véhicule qui se conduit partiellement seul : en circulation dense, le véhicule freine, accélère et change de voie de façon autonome. Je l’ai personnellement expérimenté, et ça fonctionne déjà très bien.

On peut aussi parler de l’ordinateur quantique. Nos ordinateurs sont déjà très puissants, mais les ordinateurs quantiques vont multiplier cette puissance et rendre l’intelligence artificielle encore plus performante.

Parlons des robots. Les usines sont déjà très robotisées, mais l’utilisation quotidienne des robots viendra éventuellement. Imaginez un robot humanoïde à la maison qui prépare les repas, lave la vaisselle et s’occupe de différentes tâches. Bien sûr, il y aura toujours des imperfections, mais c’est vers ça qu’on s’en va.

Tout ça crée de nouveaux emplois, notamment en programmation, mais aussi de l’incertitude et de l’anxiété : est‑ce qu’on va perdre des emplois, quels sont les risques, etc. Malgré tout, les opportunités sont nombreuses.

Cela dit, le marché a tendance à s’emballer pour les technologies d’avenir et à en anticiper les bénéfices trop rapidement. En décembre 2025, les investissements en intelligence artificielle se chiffrent en milliards. Le problème, c’est que les investisseurs recherchent des profits et des flux de trésorerie, pas seulement de la croissance du chiffre d’affaires.

Des entreprises comme Microsoft, Amazon et OpenAI investissent des sommes colossales, parfois sans rentabilité immédiate. Il existe une concentration extrême : quelques grandes entreprises technologiques américaines représentent une part importante du marché boursier. Nvidia, par exemple, dépend fortement d’un petit nombre de clients majeurs.

On peut comparer la situation à la bulle technologique des années 1995‑2000 : on voyait déjà le potentiel d’Internet, mais le marché s’est effondré en 2000 et il a fallu plusieurs années avant que la rentabilité revienne.

Aujourd’hui, il est difficile d’investir dans ce secteur, car plusieurs entreprises n’ont pas encore de profits et certaines n’existeront peut‑être plus dans quelques années. Pour les gestionnaires de portefeuille, investir massivement dans ce type d’actifs comporte des risques importants.

Mon conseil serait de ne pas se précipiter. Plusieurs secteurs vont profiter de l’intelligence artificielle sans être directement des entreprises technologiques : les banques, les télécommunications, les entreprises de services. Certaines tâches disparaîtront, mais d’autres emplois à valeur ajoutée seront créés.

Il faut éviter les paris concentrés et faire preuve de prudence. L’intelligence artificielle peut offrir de très bons rendements à long terme, mais la clé demeure la diversification.

Merci beaucoup Sylvain, c’était vraiment intéressant d’approfondir le sujet de l’intelligence artificielle et des technologies. Merci à vous d’avoir été avec nous aujourd’hui, et on se retrouve pour une prochaine capsule financière. À bientôt.

Épisode 2 - Perte d'autonomie

Bonjour à tous, bienvenue à cette capsule financière. Aujourd’hui, nous allons parler des soins pour les personnes vulnérables ou en perte d’autonomie.

Bonjour Sylvain. Bonjour Valérie.

Aujourd’hui, on se rencontre pour parler d’un sujet qui est sensible mais essentiel. On va parler des gens qui sont en perte d’autonomie ou vulnérables. Souvent, on va penser que c’est seulement un enjeu médical, mais non, ça peut aussi avoir un enjeu financier qui est très important.

Tu as raison. Puis récemment, je disais que d’ici 2035, je pense qu’il va y avoir 100 000 personnes de plus au Québec qui vont rentrer dans ce public‑là.

Beaucoup de gens pensent que le système public va être suffisant pour couvrir tous les coûts qui vont être associés à ça, mais pas nécessairement.

Aujourd’hui, notre objectif, c’est vraiment de vous donner une vue sur les coûts, les aides qui sont disponibles, puis aussi les stratégies qu’on peut mettre en place pour anticiper tout ça.

Valérie, avant de parler de chiffres, il faut bien comprendre c’est quoi une personne vulnérable puis en perte d’autonomie.

En fait, ce ne sont pas des termes abstraits. C’est une réalité qui peut toucher beaucoup de familles partout à travers le Québec. On pense souvent que c’est des personnes très âgées, mais en fait ça peut être des personnes touchées par une maladie très jeune, et ça va avoir des conséquences financières quand même très importantes dans toute leur vie au complet, puis aussi pour la famille qui va accompagner cette personne‑là.

Quand on parle d’une personne vulnérable, on va dire toute personne qui perd la capacité de gérer ses besoins essentiels et même ses finances.

Comme tu disais, ce n’est pas une question d’âge, parce qu’à tout âge ça peut arriver.

Exactement. On peut parler d’un exemple concret : une femme de 55 ans qui subit un AVC. En fait, ça va avoir des conséquences parce qu’elle va avoir besoin de soins spécialisés, d’aide à domicile, d’aide pour gérer ses finances. Elle va aussi avoir besoin d’aide parce qu’elle ne pourra plus nécessairement travailler.

Donc, il va y avoir une invalidité qui va arriver là aussi, puis cette invalidité‑là peut être prolongée. Ça peut arriver à tous les âges, avec des accidents, avec des situations de toutes sortes qui font qu’on devient en perte d’autonomie.

Une personne vulnérable, c’est pour ça que c’est important de penser à ça avant que ces situations‑là puissent arriver, parce que souvent, quand ça arrive, on va prendre des décisions précipitées qui peuvent avoir des conséquences néfastes et qui peuvent être très coûteuses aussi sur le long terme.

Valérie, est‑ce que tu peux nous donner des exemples de maladies qui causent des pertes d’autonomie ?

On peut parler de maladies dégénératives : ce qu’on entend le plus souvent, ce sont des gens atteints d’Alzheimer ou de Parkinson. Au début, ces gens‑là n’auront pas besoin de soins nécessairement très grands, mais ça va évoluer à travers le temps. Ça va faire en sorte que les coûts vont aussi évoluer, parce qu’au début, ce sont de petites aides à la maison pour aider dans les tâches quotidiennes, mais à la fin, si ça dure sur plusieurs années, ça peut aller jusqu’à des centres de soins très spécialisés qui coûtent très cher mensuellement.

Évidemment, toute personne qui présente certains handicaps a aussi une situation de vulnérabilité que les gens qui l’entourent doivent préparer.

Oui, exactement. Puis souvent, quand on parle de personnes vulnérables, ce sont des personnes qui peuvent aussi subir des abus financiers.

Effectivement, sujet très important à discuter.

Donc, ce sont des situations très complexes, parce que chaque cas est différent et souvent les émotions entrent en ligne de compte. On doit avoir des personnes fiables, en qui on peut avoir confiance autour de nous, parce que quand on prend des décisions sur le coup de l’émotion, ce n’est pas nécessairement la bonne décision qu’on va prendre. C’est important de bien se préparer à tout ça.

Souvent, on voit que les gens vont prendre des décisions en urgence, sans planification. C’est là que les erreurs surviennent, parce qu’on va placer quelqu’un rapidement dans une maison de soins très chère. On n’a pas nécessairement mis l’argent de côté pour pallier à tout ça, même s’il y a des aides disponibles. Il faut les utiliser, mais aussi pallier à ce qui manque mensuellement.

Il y a aussi toute une question juridique à considérer.

Oui, il faut avoir les documents légaux prêts : le mandat de protection, la procuration générale, qu’on peut faire chez le notaire. Mais avant tout ça, il faut être capable de repérer les signes avant‑coureurs, comme l’isolement, les difficultés à gérer les factures, les oublis fréquents, la perte de mobilité. Ce sont des signes qui doivent alerter la famille et amorcer une réflexion stratégique.

Parlons des coûts, parce que c’est souvent le choc que beaucoup de gens vont vivre. Beaucoup de familles pensent que le système public va tout couvrir, mais ce n’est pas le cas.

Effectivement, ce n’est pas le cas. Ça dépend des soins requis. Au Canada, pour le maintien à domicile avec des soins réguliers, on parle de coûts de 1 500 $ à 3 500 $ par mois. Si on a besoin de soins infirmiers à domicile 24 h sur 24, la facture peut monter jusqu’à 5 000 $ par mois, soit environ 60 000 $ par année.

Si la personne devait aller en résidence privée, les coûts peuvent varier entre 3 000 $ et 7 000 $ par mois selon la région et le niveau de service. Et quand on est en couple, il faut aussi penser que le conjoint doit continuer à se loger, ce qui fait rapidement grimper la facture globale.

Heureusement, il existe des programmes publics pour aider à couvrir une partie des coûts, comme le crédit d’impôt pour le maintien à domicile, qui peut rembourser jusqu’à 36 % des dépenses admissibles. Il y a aussi des subventions pour l’adaptation du domicile.

La meilleure façon de se préparer, c’est d’agir de façon proactive : comprendre les aides disponibles, bâtir un plan financier, considérer les assurances soins de longue durée, prévoir une épargne dédiée, et faire sa planification successorale.

Le mandat de protection et la procuration générale sont des documents essentiels, à préparer tant qu’on est apte. Ils servent de mode d’emploi pour que nos proches sachent quoi faire si on ne peut plus prendre de décisions nous‑mêmes.

En résumé, plus on anticipe, plus on protège notre qualité de vie et notre patrimoine familial. La perte d’autonomie n’est pas seulement un enjeu médical : c’est aussi un enjeu financier, humain et familial.

Merci beaucoup Valérie pour les points abordés aujourd’hui.
À bientôt pour une autre capsule financière.

Épisode 3 - Mise à niveau sur le marché

Bonjour et bienvenue à cette capsule financière.
Aujourd’hui, je suis accompagné de Sylvain Marlot et nous allons parler d’une mise à niveau sur les marchés financiers.

Bonjour Arie. Bonjour Sylvain.

Alors oui, on va parler des marchés financiers, de la situation actuelle. Il faut dire aux gens que nous enregistrons à la dernière semaine de janvier 2026. En ce moment, nous avons eu pas mal de neige, plusieurs tempêtes, mais les pires tempêtes économiques nous viennent de la direction de la présidence américaine.

Monsieur Trump fait beaucoup de vagues depuis le début de l’année. On a pu voir qu’il s’attaque à plusieurs choses : au président de la banque centrale américaine, au président du Venezuela, il parle même de conquérir le Groenland. Il menace l’Iran, les barons de la drogue en Colombie, et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui au niveau des tarifs. Il est aussi en pleine crise budgétaire et pourrait y avoir un autre arrêt de l’administration gouvernementale au courant du mois de février.

En bref, monsieur Trump fait les manchettes et crée beaucoup d’inquiétude auprès des investisseurs, même si ce n’est pas nécessairement une volatilité extrême.

Oui, on sent beaucoup d’inquiétude chez les investisseurs. Mais pourquoi les marchés ne sont-ils pas plus inquiets que ça ? Les marchés ne sont pas si en baisse présentement.

Effectivement, on aurait pensé qu’il y aurait eu plus de volatilité. En avril 2025, il a fait peur aux marchés pendant une ou quelques semaines, mais par la suite, les gens se sont habitués. De plus en plus de gens considèrent qu’il menace beaucoup, mais qu’au final il n’y a pas grand-chose qui se fait réellement.

Il y a même des gens dans l’industrie qui appellent ça le « TACO », ce qui veut dire Trump always chickens out. En français : Trump se dégonfle toujours.

C’est comme si les marchés ne l’écoutaient plus vraiment. Il menace plusieurs choses, mais au final, il n’ira pas au Canada avec l’armée ni s’emparer du Groenland. En ce moment, il faut savoir que les profits des entreprises sont bons, l’économie va bien et tout le monde travaille. De plus, depuis 2023, l’intelligence artificielle prend beaucoup d’essor, ce qui crée une grande effervescence et attire énormément d’argent dans les marchés.

C’est un peu pour ça que les marchés en général se portent bien, même si les inquiétudes géopolitiques sont importantes.

Peux-tu nous faire un résumé chiffré de la situation ?

Oui, allons-y avec quelques chiffres. Au niveau du taux de change Canada–États-Unis : en janvier 2025, pour un dollar canadien, on avait environ 69 sous US. Un an plus tard, on est autour de 72 sous. On observe également une baisse du dollar américain à l’échelle mondiale, ce qui est souhaité par l’administration américaine, car un dollar US plus faible favorise les exportations.

Au niveau du Canada–euro, en janvier 2025, un dollar canadien valait environ 0,66 €, contre 0,61 € un an plus tard. Le dollar canadien s’est donc renforcé, notamment grâce à la hausse de l’or et des matières premières. L’économie canadienne bénéficie généralement de la montée des matières premières.

En ce qui concerne l’emploi, en décembre 2025, environ 8 200 emplois ont été créés au Canada. Les emplois à temps plein ont augmenté de 50 000, tandis que les emplois à temps partiel ont diminué de 42 000. Le taux de chômage est actuellement de 6,8 % au Canada, en hausse de 0,3 % par rapport à novembre 2025. Aux États-Unis, le taux de chômage est plus bas, autour de 4,4 %.

Par secteur, les créations d’emplois se situent principalement dans la santé et les services sociaux (+21 000), les services personnels et les réparations (+15 000), la construction (+11 000) et l’éducation (+10 000). Les secteurs en recul sont les services professionnels, scientifiques et techniques (-18 000), l’hébergement et la restauration (-12 000) ainsi que les services publics (-5 300).

Par province, le Québec a connu une création d’environ 16 000 emplois. L’Alberta et la Saskatchewan ont connu des baisses, tandis que les autres provinces ont enregistré peu de variations. Sur les quatre derniers mois de 2025, environ 188 000 emplois ont été créés au Canada, ce qui démontre une économie encore solide.

En ce qui concerne d’autres données économiques, l’or a augmenté d’environ 74 % en 2025. Cette hausse n’est pas due à une augmentation de la demande pour la fabrication de bijoux, mais plutôt à une crainte mondiale, notamment liée à l’administration américaine. De nombreux investisseurs et banques centrales ont augmenté leurs réserves d’or, faisant de celui-ci une valeur refuge.

Au niveau des taux d’intérêt, le taux directeur au Canada est à 2,25 %. Aux États-Unis, il se situe entre 3,75 % et 4 %. La Banque du Canada a récemment laissé ses taux inchangés. L’inflation est d’environ 2,4 % au Canada.

Pour le logement, le prix moyen des maisons au Canada a diminué d’environ 3,5 % en 2025, avec des disparités régionales. À Toronto, les prix ont baissé, tandis qu’au Québec, ils ont légèrement augmenté.

Au niveau du pétrole, le Brent se situe autour de 65 $ US le baril et le WTI autour de 60 $. L’OPEP souhaiterait un prix autour de 80 $ pour équilibrer ses budgets, alors que les producteurs américains ont besoin d’un prix entre 55 $ et 70 $ pour être rentables.

Sur le plan mondial, selon le Fonds monétaire international, la croissance mondiale devrait atteindre environ 3,3 % en 2026. L’économie américaine demeure résiliente, malgré des enjeux liés aux tarifs commerciaux, au déficit budgétaire élevé et à une inflation qui diminue lentement.

Au Canada, la croissance est plus modérée. Le sentiment des consommateurs est plus fragile, mais l’économie tient le coup. Les pressions inflationnistes sont encore bien présentes, notamment au niveau de l’alimentation.

Du côté de l’immigration, après dix ans de forte croissance, le Canada est entré en 2026 dans une phase de ralentissement contrôlé. Les gouvernements veulent réduire les arrivées temporaires, stabiliser le nombre de résidents permanents et prioriser les travailleurs déjà présents afin de limiter la hausse du chômage et la pression sur le marché immobilier.

Les marchés boursiers ont été très bons en 2025, meilleurs que prévu. Sommes-nous dans une bulle ? Pas nécessairement, mais certains secteurs sont chers et demandent plus de prudence, tandis que d’autres demeurent attrayants.

Un point important à souligner est l’augmentation des disparités économiques, surtout aux États-Unis. Les 20 % les plus riches réalisent environ 38 à 42 % des dépenses totales, ce qui crée un déséquilibre important. L’inflation pèse davantage sur les ménages aux revenus modestes, réduisant leur capacité de consommer.

En ce qui concerne l’accès à la propriété, l’âge moyen pour acheter une maison au Canada est passé d’environ 29 ans en 1980 à environ 36 ans en 2025, illustrant le décalage entre la hausse des prix et celle des revenus.

Pour 2026, le scénario de base demeure relativement positif : entreprises profitables, chômage bas et économie en mouvement. Toutefois, il faudra surveiller les tensions commerciales, la géopolitique, certaines évaluations boursières élevées et les attentes parfois irréalistes des investisseurs.

Les marchés sont plus exigeants qu’avant ; il faut être mieux informé et plus prudent. Certaines opportunités demeurent, mais 2026 pourrait être plus complexe pour les investisseurs que les dernières années.

Merci Sylvain, c’était une capsule financière très intéressante. Ce qu’on retient, c’est que l’économie est en perpétuel mouvement. Nous avons fait une mise à jour du passé et avons déjà hâte de voir ce que 2026 nous apportera. Au plaisir de vous accompagner tout au long de l’année 2026. Merci et à la prochaine.

Épisode 4 - Cinq erreurs

Bonjour à tous, bienvenue à cette capsule financière. Aujourd’hui, nous allons parler de cinq erreurs principales à éviter dans la gestion de vos finances personnelles. Nous allons également vous donner quelques trucs pour les éviter.

Bonjour Valérie. Bonjour Sylvain.

Valérie, parle-nous des cinq erreurs que les gens devraient éviter.

Oui, on va parler des cinq erreurs les plus fréquentes qu’on voit lorsque l’on rencontre des clients, et aussi des stratégies pour les éviter.

La première erreur qu’on voit fréquemment, c’est une gestion inefficace des engagements financiers et des dettes. On vit à l’ère du crédit facile : cartes de crédit, prêts personnels, marges de crédit, prêts hypothécaires. C’est facile de perdre le fil. Il faut se rappeler que les intérêts sur ces dettes, surtout les cartes de crédit, s’accumulent très rapidement.

La première étape, c’est de dresser une liste de tous les prêts, marges et cartes de crédit : les soldes, les taux d’intérêt et les paiements minimums mensuels. Cela permet de s’assurer que tous les paiements minimums sont faits, d’éviter les pénalités et de protéger son dossier de crédit. Ensuite, on s’attaque aux dettes qui coûtent le plus cher, comme les cartes de crédit, les prêts personnels et les marges de crédit, en payant plus que le minimum si possible.

Si deux dettes ont le même taux d’intérêt, on commence par celle avec le plus petit solde afin de la rembourser rapidement et tourner la page. On élimine ensuite les dettes une à une, ce qui permet de mieux structurer les paiements mensuels. Le message clé est d’avoir une vision globale de ses dettes et de leurs taux d’intérêt.

Les gens ne réalisent pas toujours que leur carte de crédit peut facturer près de 20 % d’intérêt. Cela monte très rapidement. Une autre solution est la consolidation de dettes : regrouper toutes les dettes auprès d’une institution financière afin d’obtenir un taux moyen plus avantageux et de rembourser plus efficacement. Si cela génère un surplus mensuel, il faut l’utiliser pour accélérer le remboursement ou mettre de l’argent de côté, et non pour augmenter les dépenses.

La deuxième erreur fréquente est de reporter l’épargne trop loin dans le temps. Plusieurs personnes disent qu’elles commenceront à investir après avoir payé leur hypothèque ou leur voiture. Or, l’intérêt composé joue un rôle majeur dans la croissance du patrimoine.

Par exemple, quelqu’un qui commence à investir 25 $ par semaine à 25 ans, avec un rendement annuel moyen de 5 %, pourrait accumuler un peu plus de 120 000 $ à 60 ans. Si cette même personne commence à 35 ans, le montant serait plutôt d’environ 60 000 $. On voit donc l’impact majeur du temps. Il est préférable, si possible, de gérer dettes et épargne en parallèle, grâce à des cotisations automatiques à chaque paie ou chaque mois.

Plus on attend, plus l’effort nécessaire pour atteindre les mêmes objectifs est grand, et parfois irréalisable. Même avec un rendement plus élevé, le temps perdu ne se rattrape pas. Ce sont les petits efforts constants qui font une grande différence à long terme.

La troisième erreur est liée aux finances comportementales. Les décisions influencées par les biais comportementaux peuvent nuire à la gestion des actifs. Par exemple, acheter quand les marchés montent fortement peut mener à payer trop cher. Les gens se font aussi influencer par leur entourage, la famille ou les médias, et embarquent dans des placements après que la hausse ait déjà eu lieu.

À l’inverse, certains vendent trop rapidement lorsque les marchés reculent, par peur. Sortir du marché trop vite fait souvent manquer le rebond. Il est généralement plus payant, à long terme, de rester investi et d’accepter la volatilité que d’essayer de synchroniser les marchés.

Le market timing est très difficile. Il est préférable de suivre une stratégie à long terme, de se méfier des modes et de demeurer discipliné. Les bulles et tendances passent, et entrer trop tard peut nuire aux rendements. Travailler avec un conseiller aide à prendre de meilleures décisions, autant dans les bons que dans les mauvais moments des marchés.

La quatrième erreur est de négliger la planification fiscale et les décisions de fin d’année. Il est essentiel de rencontrer son conseiller, comptable ou fiscaliste en novembre ou décembre, et non seulement durant la période des REER. Certaines décisions, comme la réalisation de pertes en capital, doivent être prises avant la fin de l’année.

Une rencontre de fin d’année permet de revoir la stratégie fiscale, d’évaluer l’impôt payé et de bien se préparer pour la saison des impôts suivante. Même si l’exercice semble long, il peut faire une grande différence sur la situation fiscale globale.

La cinquième erreur est de sous-estimer l’importance d’un budget et du suivi des dépenses. Il ne s’agit pas nécessairement de se priver, mais de savoir où va son argent. On connaît souvent ses revenus, mais on oublie d’analyser les dépenses, surtout les dépenses variables.

Les outils actuels, comme les relevés de carte de crédit et de comptes bancaires, facilitent ce suivi. Il ne faut pas oublier les petites dépenses en argent comptant, comme les cafés quotidiens, qui représentent un montant important à l’année.

L’épargne devrait aussi faire partie du budget, comme une dépense planifiée. On se paye en premier, on met l’argent de côté automatiquement et on l’oublie. C’est la même logique que pour les paiements mensuels du téléphone ou de l’auto : l’épargne doit être programmée.

Un sixième point que j’ajouterais est l’importance de travailler sur ses revenus. Bien souvent, augmenter ses revenus a plus d’impact que de couper constamment dans les dépenses. Que ce soit par un deuxième emploi, des heures supplémentaires ou d’autres opportunités, cela peut faire une grande différence à long terme.

Valérie, merci beaucoup pour tous les conseils partagés aujourd’hui.

Merci à toi. J’espère que ces trucs aideront les gens. Il ne s’agit pas de tout appliquer immédiatement, mais d’y aller un point à la fois pour améliorer graduellement sa santé financière.

Au plaisir de vous revoir pour une prochaine capsule financière. Merci.

Épisode 5 - Investir en Chine

Bonjour et bienvenue à cette capsule financière. Aujourd’hui, je suis accompagné de Sylvain Marlot et nous allons parler de la Chine : montée en puissance et puissance actuelle.

Bonjour à tous, bienvenue à cette capsule.
Bonjour Valérie.
Bonjour Sylvain.

On entend beaucoup parler de la Chine. Il y a une montée en puissance, mais c’est aussi une puissance actuelle.

Définitivement. La Chine, ce n’est plus seulement une histoire de croissance à venir : c’est déjà une puissance bien installée. Pour un investisseur, l’enjeu n’est pas d’avoir une opinion pour ou contre, mais plutôt de bien comprendre le rééquilibrage du pouvoir mondial et de se demander si ça vaut la peine d’y investir.

Est-ce que tu vois ça comme une menace, une opportunité, ou un peu des deux ?

Investir en Chine représente clairement une opportunité aujourd’hui. Il y a un basculement du pouvoir à l’échelle mondiale, et ça vient avec des risques, bien sûr. Historiquement, les États-Unis étaient le pays le plus stable pour investir, mais la Chine est maintenant un acteur incontournable dans ce basculement.

Quand tu parles de basculement du pouvoir, c’est concret comment ? Est-ce que c’est mesurable ?

On peut le mesurer. Si on regarde la situation du pouvoir économique mondial en 2000 versus 2024, on observe qu’au début des années 2000, les États-Unis dominaient clairement l’économie mondiale. En 2024, on voit un net basculement : la Chine a pris énormément d’ampleur à travers la planète.

Ce basculement signifie qu’on ne peut plus regarder uniquement les États-Unis pour investir. Il y a aujourd’hui en Chine de très belles entreprises qui créent et vont continuer à créer de la richesse dans les prochaines années.

Ce basculement vient de quoi exactement ? De la technologie, des coûts de production, du travail ?

En réalité, ce basculement s’est fait sur plusieurs décennies. Dans les années 50, on parlait d’aider la Chine. Aujourd’hui, ironiquement, ce sont les Chinois qui achètent une partie du monde. Les entreprises américaines ont longtemps fait fabriquer leurs produits en Chine à moindre coût. Elles ont formé la main-d’œuvre, développé des infrastructures et contribué à la montée industrielle chinoise.

Aujourd’hui, la qualité, l’innovation et l’avancée technologique de la Chine rivalisent, et parfois dépassent, ce qui se fait ailleurs dans le monde.

Si on regarde la production industrielle depuis 2010, on observe une montée en puissance très nette de la Chine. C’est en grande partie pour cette raison que les États-Unis cherchent maintenant à se réindustrialiser et à rapatrier leurs chaînes de production.

On parle ici d’usines, de chaînes d’approvisionnement, de composants, de capteurs et de matériaux. Les puissances économiques modernes se définissent par l’industrie et la technologie.

Alors, pourquoi un investisseur devrait-il investir en Chine ?

Il y a plusieurs raisons, mais je vais en nommer quatre.

Premièrement, le marché est immense. On parle d’environ un milliard d’habitants. Même si la croissance passée a été forte, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre le niveau de vie nord-américain. La classe moyenne chinoise a encore énormément de potentiel de croissance.

Deuxièmement, la vitesse d’exécution. En Chine, le pouvoir est très centralisé. Cela permet une mise en œuvre rapide des décisions. Dans plusieurs secteurs — batteries, véhicules électriques, électronique, logistique — la Chine a innové très rapidement et a fait émerger des entreprises compétitives à l’échelle mondiale.

Troisièmement, la diversification internationale. Pour réduire le risque d’un portefeuille, il est essentiel d’investir à l’international et de ne pas dépendre d’une seule zone économique ou d’une seule devise.

Quatrièmement, les valorisations. En février 2026, le marché américain est cher, alors que le marché chinois est nettement moins cher. Les marchés émergents offrent des valorisations plus attrayantes, ce qui crée des fenêtres d’opportunités, même si rien n’est garanti.

Quels secteurs ou entreprises incarnent le mieux cette montée en puissance de la Chine ?

Dans la technologie, la Chine a pris beaucoup d’avance, notamment dans l’automobile électrique. Grâce à des coûts de production plus faibles, les entreprises chinoises peuvent offrir des véhicules très compétitifs. Des compagnies comme BYD, NIO et XPeng rivalisent maintenant à l’échelle mondiale.

Dans le domaine des batteries, des entreprises comme CATL sont à la fine pointe de l’innovation. En commerce en ligne et technologie, on retrouve des géants comme Tencent, Alibaba, JD.com et Xiaomi. Ce sont des entreprises établies, rentables, avec des cycles d’affaires complets et encore beaucoup de potentiel de croissance.

On ne peut pas parler de la Chine sans parler d’intelligence artificielle et de robots humanoïdes.

Effectivement. La Chine a pris de l’avance dans la fabrication de robots humanoïdes. Récemment, des robots ont même participé à des chorégraphies avec des humains, démontrant une dextérité impressionnante.

L’impact potentiel est énorme. Un robot humanoïde qui coûte environ 20 000 $ peut fonctionner 24 heures sur 24, avec peu de frais d’entretien, comparativement à un employé humain. Cela pourrait transformer complètement la productivité et la rentabilité des entreprises.

Évidemment, cela soulève aussi des questions sociales et économiques importantes, mais du point de vue industriel et financier, la Chine est clairement en avance dans ce domaine.

Mais il y a aussi des risques.

Absolument. Il y a plusieurs risques à considérer. Le secteur immobilier chinois traverse une crise majeure : trop de constructions, trop d’inventaires, ce qui affecte la confiance des ménages.

La démographie est aussi un enjeu. La population chinoise vieillit et ne croît plus, ce qui complique la croissance économique à long terme.

Il y a également des risques géopolitiques, notamment autour de Taïwan. Un conflit aurait des conséquences mondiales importantes.

Finalement, la Chine doit réussir à stimuler davantage sa consommation intérieure. Actuellement, la croissance repose encore beaucoup sur l’investissement et les exportations, plutôt que sur la consommation domestique.

Comment un investisseur d’ici devrait-il s’exposer à la Chine sans prendre trop de risques ?

La meilleure approche est souvent de passer par des gestionnaires internationaux expérimentés, présents sur le terrain. Ils comprennent mieux les réalités locales et peuvent sélectionner les secteurs et entreprises les plus solides.

Dernière question : en une phrase, que représente la Chine dans un portefeuille ?

La Chine est un acteur central qu’on ne peut plus ignorer. Ce n’est pas une approche tout ou rien : il faut s’y exposer de façon mesurée. Les marchés émergents, incluant la Chine, offrent aujourd’hui des valorisations plus attrayantes que le marché américain, ce qui pourrait générer de meilleures opportunités de rendement à long terme.

Merci beaucoup Sylvain pour ces éclaircissements sur la Chine et sur ce qui s’en vient.
Merci.
On se revoit bientôt pour une prochaine capsule financière. Au plaisir. À la prochaine. Bonne journée.

Financière Banque Nationale – Gestion de patrimoine (FBNGP) est une division de la Financière Banque Nationale inc. (FBN) et une marque de commerce appartenant à la Banque Nationale du Canada (BNC) utilisée sous licence par la FBN. FBN est membre de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) et du Fonds canadien de protection des investisseurs (FCPI) et est une filiale en propriété exclusive de la BNC, qui est une société ouverte inscrite à la cote de la Bourse de Toronto (NA : TSX). 

Les informations contenues aux présentes proviennent de sources que nous jugeons fiables; toutefois nous n’offrons aucune garantie à l’égard de ces informations et elles pourraient s’avérer incomplètes. Les opinions exprimées sont fondées sur notre analyse et notre interprétation de ces informations et elles ne doivent pas être interprétées comme une sollicitation ou une offre visant l’achat ou la vente des titres mentionnés aux présentes. Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de la Financière Banque Nationale.

Les titres ou les secteurs d’investissement mentionnés aux présentes ne conviennent pas à tous les types d’investisseurs. Veuillez consulter votre conseiller en placement afin de vérifier si ces titres ou secteurs conviennent à votre profil d’investisseur et pour avoir des informations complètes, incluant les principaux facteurs de risques, sur ces titres ou secteurs. Le présent document n’est pas une analyse de recherche produite par le Service de recherche de la Financière Banque Nationale.

Les renseignements contenus aux présentes ont été préparés par Sylvain Marleau, un gestionnaire de portefeuille de la FBN. Les opinions exprimées ici ne reflètent pas nécessairement celles de la FBN.

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