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Dans cette publication trimestrielle, les experts du bureau du chef de placements de Banque Nationale Investissements examinent et démystifient plusieurs croyances populaires en matière d'investissement. Ce guide du marché et des tendances économiques est une référence pour les investisseurs actifs.

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Impact économique

Afin de vous éclairer et de stimuler votre réflexion face au contexte actuel, Stéfane Marion et Denis Girouard se penchent sur l’actualité économique et vous partagent leurs perspectives via nos vidéos informatives mensuelles.

19 février 2026

Alors bonjour, bienvenue à Impact Économique, nous sommes mercredi le 18 février 2026. Stéfane, quelle semaine. Salut, contente de te voir.

Bonjour.

Alors dis donc, il s'en est passé des choses, entre autres hier. Avant qu'on aille dans le vif du sujet, dernière fois qu'on s'est vu, tu nous parlais du marché, toutes nos réglettes étaient positives. Peux-tu nous dire qu'est-ce qui se passe actuellement?

Donc tu veux une revue du mois?

Je veux une revue du mois, même si ça fait même pas un mois.

Enfin je te dirais, c'est un changement de classement au niveau de la performance des indices. Les marchés boursiers en général font mieux, marchés obligataires en hausse aussi parce que les gens anticipent des baisses de taux. Mais remarque, la performance des pays émergents, de l'Europe même du Canada dans un contexte où il y a encore l'incertitude politique. Puis note que la S&P 500 va un petit peu moins depuis le début de l'année, donc année à date, les marchés boursiers toujours en hausse, pas trop inquiet de l'environnement géopolitique pour le moment.

Excellent. Et autant que l'an dernier on parlait des Magnificent 7, aujourd'hui la performance aux États-Unis s'explique encore par une surconcentration.

Ben ce qui blesse aux États-Unis présentement, c'est qu'il y a beaucoup de questionnements par rapport aux dépenses afférentes au déploiement de l'intelligence artificielle. Je m'explique. Les 4 plus gros, si tu veux.

Créateurs.

Créateurs d'Internet parce que je veux pas les nommer ici, représentent maintenant, investit à eux seuls, 680 milliards de dollars pour 2026 qui est 2.1 % du PIB. Tu sais Nancy lorsqu'on regarde les grands projets aux États-Unis du secteur privé, ça dépasse même le déploiement des chemins de fer à la construction du système de chemin de fer aux États-Unis entre 1850 puis 1859. Puis à ceux qui s'interrogent, comment l'IA se compare par rapport à l'Internet, bien c'est presque, c'est 2 fois et demi plus gros, donc c'est important. La question des gens ils disent mais mon Dieu, est-ce qu'ils en déploient trop? Est-ce qu'il y a un rendement marginal qui devient négatif pour le déploiement de l'investissement? Puis aussi ce que ça déplace d'autres gens? Donc si j'avais à te le décrire, c'est que le marché boursier américain il est négatif, oui depuis début de l'année à cause des TI, mais remarque que tout ce qui est afférant ce dont on a discuté la dernière fois, la réindustrialisation des États-Unis, des croissances quand même importantes, 16 %, 21 %, 12 %. Donc il serait faux de dire que la faiblesse des Américains, du marché boursier américain est généralisée. C'est vraiment l'interrogation par rapport au secteur des TI, est-ce qu'on en met trop de capital.

Qui peut être aussi sur le court terme parce qu'on parle depuis le début de l'année, puis on a même pas 2 mois de complétés, alors à voir ce que les prochains mois.

Mais t'as raison de dire que ça a été tellement bon pour les TI l'année passée, c'est que les gens se font une rotation sectorielle, ils ont peut-être trop de concentration TI. Donc t'as absolument raison. Ça veut pas dire qu'ils vont pas livrer la marchandise au niveau des profits, mais les valorisations sont élevées, puis les gens en ont beaucoup dans leur portefeuille.

Tout à fait. Et chez nous? Ben au dernier appel tu nous avais dit que l'or serait à 5000 $, puis je pense que 2 jours après qu'on ait fait notre Impact économique, l'or était à 5000 $.

Ben ça va vite. Donc si on regarde au niveau des actions aurifères au Canada, donc le S&P TSX en hausse de 4.3 %, remarque les matériaux font bien, 18 %. Donc on sait que ça c'est dominé par l'or, mais note que le secteur énergétique va bien aussi. Mais t'as raison de dire que l'or fait bien puis ça impacte plein de choses avant qu'on parle du prix parce que je sais que tu veux savoir le prix, mais ça fait en sorte de même biaiser les perceptions qu'on a du Canada. Il y a des politiciens qui disent clame haut et fort que, regardez, on est en train de se diversifier au Canada par rapport à notre secteur d'exportation et à preuve, les exportations vers les États-Unis sont en baisse de 10 %, ce que tu vois jamais en dehors de récession. Note hors États-Unis, c'est en hausse de plus de 20 %. Donc, les gens me demandent qui sont nos nouveaux meilleurs amis. Ah, je peux pas vous en donner, je peux pas vous les nommer, mais je peux vous nommer une chose, le prix de l'or explose présentement. Près de 5000 $ l'once. Note Nancy que la moyenne historique en dollars de 2025 pour que tu puisses la comparer depuis 1791, c'était 650 $ l'once.

Et ça il y avait un dicton jadis que tu peux nous partager, parce que c'est afférant au complet des Messieurs à l'époque.

Ben je peux pas me prononcer pour les femmes, mais historiquement, une once d'or, sa valeur d'équilibre était associée à la capacité des Messieurs de s'acheter un costume relativement bien.

Alors aujourd'hui à 650 $ je pense qu'on peut s'acheter un costume encore très bien. À 5000, t'as vraiment un vêtement griffé.

Ben ceux qui ont de l'or à la maison, c'est le temps de vous habiller les Messieurs. Tu pourrais le voir comme ça, mais clairement c'est peut-être pas, c'est un prix bien au-delà de sa valeur d'équilibre, Nancy. Ça veut pas dire que tu peux pas rester là longtemps mais ça veut dire qu'il faut aussi que tu prennes en considération, que il y a des choses qui peut revenir à la normale. Tout ça pour te dire que la cible qu'on s'est mis en tête pour les prochains 12 mois, c'est plutôt une cible entre 4000 et 6000 $ pour l'or. Pourquoi? Parce que j'ai encore des politiques déployées aux États-Unis qui sont porteuses ou qui limitent le potentiel baissier. Et on s'entend, je peux pas rester indéfiniment au-dessus de la valeur d'équilibre, on va revenir converger, mais pour le moment ça demeure porteur.

Ça demeure porteur. Et donc sans l'or on aurait l'air de quoi aujourd'hui? Parce que c'est un meilleur ami à qui on peut pas vraiment donner un nom.

Ben c'est à dire que la balance commerciale canadienne c'est un déficit de 30 milliards de dollars. Si j'excluais l'or on serait à un déficit de 80 milliards de dollars, donc ça serait 2 fois et demi pire. Ça demande l'impact que ça a eu. Ça a aidé à supporter le marché boursier bien évidemment, la devise, mais aussi même l'économie canadienne au niveau du secteur des exportations. Donc c'est pas un nouvel, on s'est pas trouvé de nouveaux amis, c'est que c'est un vieil ami qui en fait beaucoup pour nous présentement étant donné son prix.

D'où l'importance de la diversification. Avoir plusieurs amis, tu vois, chacun à son tour vient faire la différence.

Ça nous en prend plus, mais pour l'or présentement, ça nous amène une situation aussi où la capitalisation boursière des aurifères, pour la première fois de l'histoire Nancy, est plus élevée que le secteur énergétique.

Et ça c'est du jamais vu. Donc probablement que c'est pas quelque chose qui va être durable à long terme.

On peut demeurer là longtemps, on peut durer là encore un bout de temps, c'est juste d'avertir de dire aux gens, bon, on est quand même une situation, on n'est pas à l'équilibre, donc les pondérations sont importantes. Ça montre aussi pourquoi il y a des intérêts internationaux pour acheter la S&P TSX parce qu'on a une grosse composante aurifère. Tout ça pour dire encore une fois, soyez conscient lorsque vous prenez des choix sectoriels, il y a des secteurs qui sont plus étirés que la normale. 

Exactement. Et donc hier matin, conférence de Monsieur Carney sur le nouveau projet pour soutenir la défense nationale.

T'as raison. Donc on a besoin de nouveaux amis, donc des vrais nouveaux amis, pas juste une commodité. Puis c'est là qu'intervient Ottawa hier. Moi je suis encouragé Nancy parce que ça fait longtemps qu'on en parle, qu'il faut réindustrialiser le pays, puis si on doit se fier uniquement aux aurifères, au pétrole puis aux produits agricoles, on ira pas loin en termes de diversification de partenaires commerciaux. De là l'engagement de Monsieur Carney, une grosse annonce là. On veut utiliser un changement de cap partiel par rapport aux États-Unis, mais ce qu'on veut faire c'est réindustrialiser via le secteur de la défense nationale. Ça Nancy, on n'a pas fait ça depuis au moins 60 ans au Canada.

Réindustrialiser point et encore plus par rapport à la défense nationale comme moyen de support. 

T'as raison, on a une urgence de réindustrialiser notre secteur manufacturier est trop petit, puis on veut diversifier. Bon maintenant on met en place des sommes colossales, on veut passer de 2 % du PIB à 5 % du PIB, c'est beaucoup d'argent ça. Puis on se dit on va avoir un système d'approvisionnement fait au Canada qui pourrait favoriser les entreprises domestiques, mais aussi en même temps on veut mettre un contenu canadien. Tu peux attirer du capital de l'étranger qui viendrait un transfert technologique. Je pense c'était la façon de faire, c'est important, c'est beaucoup d'argent. Puis je pense que enfin on a un plan de match qui nous amène sur la bonne piste au niveau de la diversification et la réindustrialisation surtout Nancy.

Puis tous ces investissements-là évidemment risquent de créer des emplois, des emplois de qualité, des emplois bien rémunérés, des emplois spécialisés.

Oui puis tu sais c'est important de le déployer parce qu'avec l'incertitude qui a présentement par rapport à l'accès au marché américain, bon le secteur manufacturier continue de s'atrophier, puis ça vient impacter les emplois au Québec ou en Ontario où la majorité du secteur manufacturier est localisé. T'as raison de dire parce qu'il y a un aspect régional. La création d'emplois au cours des 12 derniers mois, c'est surtout dans l'Ouest lorsque je regarde les 4 grosses provinces, alors que dans l'Est c'est plus difficile. Donc la politique de réindustrialisation devient porteuse, même pour stabiliser ton marché de l'emploi. Donc c'est la raison pour laquelle je dis mon Dieu, on a un plan au Canada axé sur quelque chose de lucide au niveau de la réindustrialisation.

Et on a regardé beaucoup le Canada, on s'est beaucoup concentré sur nous-mêmes. À l'échelle mondiale, qu'est-ce que tu vois qui s'en vient?

À l'échelle mondiale, ben je pourrais te dire que ce phénomène-là, c'est le phénomène de la reflation dont on a parlé. Si tout le monde veut faire un processus de réindustrialisation, de remilitarisation, mais encore une fois je pense que nous on a avantage géographique pour attirer le capital ici puis faire des alliances. Mais au niveau mondial, c'est la raison aussi pourquoi les marchés émergents font bien, on l'a présenté tout à l'heure, c'est une question de prix, de commodité, et cetera, et cetera. Donc le processus de reflation qui en général bénéficie à l'économie canadienne, les secteurs boursiers, cette stratégie-là est toujours en place, puis on verra pour la 2e moitié de l'année là. 

Excellent. Ben merci Stéfane, très hâte à notre prochain appel parce que ça va nous permettre de voir, jusqu'à maintenant tu es toujours sur la cible, alors essayons de voir ce que notre prochain mois va nous amener. Merci beaucoup d'avoir été là aujourd'hui, merci à vous.

9 décembre 2025

Bonjour tout le monde, bienvenue à notre capsule Impact économique. Nous sommes le 9 décembre 2025. Je veux remercier mon collègue Denis Girouard qui a mené cette capsule de main de maître avec Stéfane pendant 2 ans et lui souhaiter une bonne retraite après plus de 30 ans de carrière prolifique à la Banque Nationale. Denis, merci beaucoup pour tout ce que tu as fait pour nous. Je vais me présenter, Nancy Paquet. Je suis à la tête de Gestion de patrimoine à la Banque Nationale et aujourd'hui j'ai le privilège d'animer pour la première fois cette capsule avec Stéfane. Donc Stéfane, qu'est-ce que tu peux nous dire sur l'année 2025 qui vient de se terminer?

Ben je pensais attirer ton attention en parlant justement de Gestion de patrimoine et des rendements de marché. Nancy, une excellente année, une bonne cuvée. Toutes les classes d'actifs finissent en territoire positif pour le moment, il reste à peine 2 semaines, mais on pense que ce sera le cas. À noter la performance du S&P/TSX, un rendement total de 30%.

C'est incroyable.

Oui, oui.

Incroyable.

Bonne cuvée.

Très bonne cuvée.

On la met en perspective.

Certainement, allons-y.

2009.

Wow.

Pour retourner à 2009 mais ça c'est un rebond de crise financière. Donc en dehors d'une période de récession, le comportement du S&P/TSX, Nancy, faut retourner dans la fin des années 90 là. Boom économique, productivité en Amérique du Nord donc. Puis Nancy, on a pas fini l'année-là, il est encore possible qu'on batte.

C'est encore possible qu'on fasse encore. Et ce qui est intéressant, c'est que, rappelle-toi, qu'en janvier, quand on a commencé l'année, on n'aurait jamais cru que les marchés seraient aussi performants.

Ben non, parce qu'on avait l'incertitude de la guerre tarifaire. On avait aussi beaucoup d'inquiétudes par rapport à l'économie canadienne.

Tout à fait.

Puis Nancy ce qui est quand même un peu formidable, c'est que en date du dernier rapport d'emploi pour le mois de novembre, le taux de chômage au Canada est maintenant plus bas qu'en début d'année, donc moi je m'attendais pas à ça.

On se disait mon Dieu il va avoir des pertes d'emplois massives et c'est absolument incroyable. Mais tu sais des fois les chiffres de l'emploi c'est pas nécessairement toujours vrai, on sait pas trop c'est-tu les bons emplois, des moins bons emplois, t'as-tu des données?

Ben c'est ça parce que ça peut être des gens qui ont quitté la.

La recherche d'emploi.

Exactement. Mais ce coup-là, je veux te rassurer Nancy, ce sont, c'est une création d'emplois de plus de 360,000 postes cette année. Note des emplois à temps plein représentent la majorité des emplois. Puis l'autre chose, Nancy, on remarque bon c'est plus le secteur public qui domine la création d'emplois. Puis ce qui est intéressant c'est qu'au niveau du soutien du consommateur canadien, mais c'est des emplois qui ont été des industries où la rémunération est au-dessus de la moyenne. Donc c'est quand même.

C'est de l'argent qui va rester circuler dans notre économie.

Oui c'est, autant la bourse surpris, autant le marché du travail surprend aussi en 2025.

C'est intéressant. Et donc demain, mercredi, c'est la Banque du Canada et son annonce. Qu'est-ce que ta boule de cristal nous dit?

Ben Nancy avec des gains d'emploi comme ça, puis un taux de chômage qui est en baisse, ben la Banque du Canada va demeurer sur les lignes de côté. Par contre, je peux te dire que la Réserve fédérale a l'intention de baisser encore ses taux, mais pour le Canada, je pense qu'on est sur pause puis on devra confirmer si oui ou non la résilience de l'économie canadienne demeure au rendez-vous avant de même de penser à des baisses de taux. Donc présentement, le marché est en train de se dire « Peut-être que la Banque du Canada peut peut-être même monter les taux en 2026, en supposant un accord avec les États-Unis, activement libre-échange ».

Ça va être intéressant de voir ça. Et donc est-ce qu'il y a un impact sur tout ça, sur notre dollar, parce que là, décembre, on a plusieurs de nos concitoyens qui veulent aller au chaud. Alors comment va se situer notre dollar canadien?

Ça va être un peu moins cher cette année. Note que le dollar canadien est à un niveau déjà, on était plus fort au printemps. Mais là, autour de 138.5, c'est quand même mieux. Le dollar canadien s'est apprécié de 3 sous depuis les dernières semaines, ce qui reflète, bon, la nouvelle, les nouvelles attentes par rapport à la Banque du Canada, mais aussi des meilleures nouvelles quant au budget fédéral, puis des ententes avec l'Alberta qui pourrait relancer l'économie canadienne.

Tout à fait. Et pour relancer l'économie canadienne, il y a nos entrepreneurs à nous qui peuvent se lancer, mais il y a aussi des investissements étrangers qui seraient requis.

Oui, puis pour soutenir le dollar canadien, t'as raison Nancy, il suffit, il faut ramener de l'investissement direct au Canada. Les flux nets présentement, ils ont été négatifs pendant les 10 dernières années. On a 2 trimestres positifs, mais là on revient négatif. C'est pour ça, de là l'importance de l'accord avec l'Alberta pour lancer un message aux investisseurs que, si vous voulez faire des centres de données pour venir au Canada, si vous voulez acheminer de l'énergie ailleurs ou transformer ressources naturelles, peut-être venir au Canada, il y a de l'énergie, donc il y a une perception maintenant que le secteur énergétique canadien n'est plus un secteur des actifs échoués. Donc ça peut ramener une valorisation, ramener un intérêt pour le Canada et amener un support au dollar canadien en 2026.

Très intéressant. Puis du côté américain, là c'est le fun, on voit le Canada, très excitant. Puis encore une fois, j'en reviens pas parce qu'en janvier, quand c'était la journée un de l'administration américaine, le niveau de mobilisation puis de motivation dans les équipes était assez bas parce que tout le monde était inquiet. Là, ça va mieux au Canada. Nos voisins du Sud, comment ils se sentent?

Bien tu t'attendrais à ce que ce soit ça au Canada, pas aux États-Unis, mais là, la confiance des consommateurs est vraiment dans les talons présentement aux États-Unis, parce que veut, veut pas, là, les politiciens peuvent dire ce qu'ils veulent, mais la réalité, c'est que l'inflation demeure au-dessus de 3% aux États-Unis. Il y a des incertitudes puis de la frustration au niveau des consommateurs, le marché de l'emploi carbure un peu moins bien parce que les entreprises connaissent mal leur structure de coûts. Donc, de là la frustration au niveau des consommateurs. Puis je pense que le Président va prendre bonne note de ça parce que on sait que l'année 2026, c'est une année d'élections de mi-mandat donc on peut pas aller en élection de mi-mandat et prétendre gagner avec une confiance aussi basse.

Il reste juste 11 mois pour se revirer donc pas facile comme mission.

T'as raison. Donc on peut dire qu'il y aura des baisses de taux aux États-Unis, ça s'en vient. Par contre, la frustration des consommateurs, c'est que les taux hypothécaires parce que les taux de 30 ans aux États-Unis demeurent élevés. Puis c'est ça, c'est un phénomène.

Ils se font squeezer par l'inflation, ils se font squeezer par les taux hypothécaires, donc ils sont pas heureux.

Contrairement à un propriétaire canadien, il y a pas de répit au niveau de son budget hypothécaire. Ça n'a pas baissé aux États-Unis, donc de là la frustration je pense.

On comprend. Et qu'est-ce qui en est pour les taux d'intérêt?

C'est pas juste aux États-Unis qu'il a des enjeux Nancy. Je te dirais que s'il un phénomène mondial en 2025, c'est que, partout sur la planète, les gouvernements ont décidé de dépenser pour relancer leur économie. Puis ça c'est un phénomène d'entraînement. Puis c'est pour ça que la bourse a bien fait cette année parce qu'il a dit « Bon ben écoute où je vais mettre mes billes dans un contexte où le marché obligataire demeure incertain? ». La réalité Nancy, c'est à quel niveau on va? Puis y'a des niveaux aussi à moment donné qui pourraient faire en sorte que la bourse fait moins bien au niveau de la valorisation, ça c'est à surveiller. C'est un phénomène à surveiller pour l'année 2026, l'impact d'un marché obligataire avec des taux en hausse planétaire. Comment ça va impacter l'économie ou aussi les marchés financiers?

Tout à fait tout à fait. Mais écoute Stéfane, je veux te remercier. Je pense que 2025 a été une année exceptionnelle. Merci de toujours être là puis de nous éclairer, c'est vraiment important et intéressant. Puis à vous tous, merci de nous écouter, de nous faire confiance. On vous souhaite une bonne période du temps des fêtes et on se revoit avec de nouvelles prévisions en janvier. Merci.

Perspective immobilière

Bonjour à tous et merci de vous joindre à nous pour votre capsule sur les perspectives immobilières du jeudi, 28 novembre 2024. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Matthieu Arseneau, salut Matthieu. 

Salut Simon.

Et d'Andrée Desrosiers.

Bonjour Simon. 

Bienvenue Andrée. Notre sujet du jour, hypothèque à taux fixe ou hypothèque à taux variable? Lequel est le plus avantageux? Mais avant d'en parler avec Andrée, discutons tout d'abord avec Matthieu des récentes données macroéconomiques qui, évidemment, influencent le marché immobilier. Matthieu, de nombreux événements sont survenus depuis notre dernière discussion, qui ont un impact évidemment sur les perspectives économiques. D'abord quelles sont les implications du balayage républicain aux élections présidentielles américaines pour la croissance économique, mais aussi pour les taux d'intérêt? 

Oui Simon, vraiment, toute une actualité économique au cours des dernières semaines. L'élection, le balayage républicain a des implications pour le Canada pour les 4 prochaines années. A amené à un niveau d'incertitude plus élevé. On a qu'à penser au risque de tarifs, l'actualité nous l'a montré récemment. Évidemment, des risques aussi de mouvements migratoires vers le Nord avec les risques ou les menaces de déportation d'immigrants aux États-Unis. Mais l'élément que je voulais parler davantage aujourd'hui, c'est beaucoup plus l'impact sur les taux d'intérêt. Puis ça, il faut que les gens soient conscients. Ce qui se passe au sud de la frontière a des impacts sur les coûts de financement au Canada. Je vous montre un graphique pour moi qui est très parlant. On le sait, on en a déjà parlé, la situation budgétaire Américaine avec des déficits élevés, mais pourrait être encore plus élevé si l'on se fie aux promesses de Trump pendant la campagne. L'université de Pennsylvanie a fait des calculs et nous montre des déficits en pourcentage du PIB plus près de 8% alors que c'était 6% qui était anticipé. Donc s’il va de l'avant avec ces promesses là, ça pourrait signifier un gouvernement qui stimule encore plus l'économie dans un contexte où la Réserve fédérale tentait de calmer l'économie. Donc vraiment, on pèse sur l'accélérateur du côté des dépenses ou en baissant les taxes aux États-Unis et de l'autre côté la Réserve fédérale, qui tente de calmer l'inflation. Donc ce qu'on observe de quelque chose d'assez atypique à ce moment ci. C'est la Réserve fédérale est en mesure de commencer à baisser les taux d'intérêt, 75 points de base jusqu'à présent. Mais les taux 10 ans ont monté depuis le mois de septembre. Et ce qu'on voit, c'est un contexte où les taux d'intérêt sont beaucoup plus élevés que lorsque Trump a pris le pouvoir en 2016. Donc à l'époque il avait un stimulus, il avait stimulé l'économie, mais là à ce moment-ci, on va avoir une Réserve fédérale qui pourrait mettre un certain frein à ces dépenses là pour contenir l'inflation qu'on voit à ce moment ci. Donc on est vraiment dans un contexte très différent. Mais ce qui est important c'est que oui, l'économie américaine a peut-être besoin de ces taux plus élevés là étant donné le contexte économique, mais étant donné les corrélations de taux d'intérêt à travers le monde, il y a beaucoup de pays qui ne peuvent pas ou ça serait inapproprié de composer avec ce relèvement des taux d'intérêt là. Donc, on a la plus grosse économie mondiale qui monte les taux d'intérêt, mais ça va se refléter sur les taux d'intérêt mondiaux et peut être un frein pour d'autres économies: la zone euro, la Chine qui connaît des difficultés à ce moment-là, puis le Canada aussi, qui montre beaucoup plus de faiblesses. 

Donc des impacts importants. Ce que je comprends Matthieu, c'est que la capacité d'abaisser le taux directeur aux États-Unis semblent désormais un petit peu plus limité. Qu'en est-il pour le Canada?

En effet, c'est exactement. Les révisions de baisse de taux pour l'année prochaine ont été révisées à la baisse là, aux États-Unis. Par contre, le contexte économique, comme je l'ai mentionné, tout à fait différent quand on regarde, par exemple, le marché du travail. Il y a une certaine stabilisation du taux de chômage après une augmentation depuis 2022. Mais quand on regarde la cohorte principale des travailleurs, les 25 à 54 ans, on voit que le taux de chômage continue de monter. Et voyez le contraste, la divergence avec les États-Unis. Donc on se retrouve à ce moment ci à des niveaux similaires à ce qu'on avait en en 2017 en termes de taux de chômage, quand même substantiellement plus élevé que ce qu'on avait avant la pandémie. Donc vraiment, on a une économie refroidie par les taux d'intérêt, puis ça se reflète sur les pressions inflationnistes intérieurs. Quand on regarde des économistes qui se passent pour avoir le pouls de l'inflation domestique, on regarde beaucoup ce qui se passe dans les services, beaucoup plus corrélés avec les salaires. Aux États-Unis, ça roule à du 4. 4% dans les services de base, excluant le logement, c'est seulement 1.3% au Canada. Donc ça se reflète même sur l'inflation que l'économie, elle a été clairement beaucoup plus refroidie de ce côté-ci de la frontière par les taux d'intérêt élevés. Et dans un tel contexte, oui, on pense qu'il faudra que la Banque du Canada continue de baisser les taux. Et même pour compenser le relèvement des taux dans la portion longue des taux des taux 5 ans, les taux 10 ans montent ces dernières semaines. Mais moi, pour moi, c'est un argument de plus que la Banque du Canada doit peut-être poursuivre dans cette direction-là à une vitesse importante. Donc pour nous, même si indirectement l'économie américaine peut bien faire, ça va avoir un impact sur les exportations en supposant qu’il n’y a pas de tarif, de l'autre côté c'est clairement le relèvement des coûts de financement. Nous, à notre avis, la Banque du Canada doit continuer de ramener les à des taux neutres plus proches de 2%. Évidemment, si on a le gouvernement fédéral qui commence à faire des transferts aux ménages comme qui a été annoncé récemment, mais peut être ça va limiter la marge de manœuvre à la Banque du Canada d'abaisser les taux aussi bas qu'on le pensait à 2%, peut-être plus du 2.25% 2.50% à la fin de l'année prochaine. Mais clairement, on a une économie qui a vraiment besoin de taux d'intérêt plus bas. 

Donc situation pas si simple. Le gouvernement a annoncé récemment un frein supplémentaire sur la croissance de la population canadienne pour les 3 prochaines années. C'est quoi les implications de cette nouvelle annonce là sur le marché immobilier?

Et on en a parlé ces dernières— dans les dernières capsules. Clairement, on est dans une situation de pénurie de logements au Canada qui perdure là, étant donné la croissance démographique qui est demeurée très vigoureuse là même au cours du dernier trimestre. Donc le gouvernement semble— a un peu reconnue que ça va être bien difficile d'augmenter l'offre pour rétablir rapidement la situation. Donc dans un tel contexte— puis on avait parlé aussi le taux de chômage des immigrants qui montait de façon importante, ce n’était peut-être pas le meilleur contexte pour accueillir des nouveaux arrivants. Donc une crise du logement avec un marché du travail moins porteur. Donc oui, gros coup de frein qui a été annoncé, réduire la présence de résidents non permanents à un rythme plus rapide qu'on anticipait préalablement. Une diminution de résidents permanents également qui a été annoncée, ferait en sorte qu'on aurait une croissance moyenne pour les 3 prochaines années de seulement 0.3% alors qu'on roulait à du 3% ces 2 dernières années. Ce qui ferait en sorte de ramener la moyenne mobile 5 ans à peu près au rythme qu'on avait avant la pandémie qui était un rythme soutenable, puis qui respectait un peu la capacité d'accueil au pays. Qu'est-ce que ça veut dire pour les le l'immobilier? Faut pas dire que si c'est une grosse modération que le marché de l'immobilier va ralentir de façon importante à nos yeux. On l'a vu pour nous, il y a vraiment une accumulation de demandes sur les lignes de côté. Les taux d'intérêt élevés limitaient certains acheteurs. Juste avec une petite amélioration de l'abordabilité ces derniers trimestres, on a vu un regain quand même des ventes de maisons ces derniers mois. Ça c'est intéressant, mais ça vous dit qu'avec ces acheteurs sur les lignes de côté, on n'est pas trop inquiets qu'il y aura une très grande faiblesse dans le marché de l'immobilier. C'est beaucoup plus un retour à la normale ramener des conditions d'abordabilité que ce soit dans le locatif, que ce soit dans les pour les premiers acheteurs de maison. Je pense que c'est ça qui va se produire au cours des prochains mois avec des taux d'intérêt un petit peu plus favorables. 

Donc bonne nouvelle. Encore une fois merci beaucoup Matthieu pour tes commentaires toujours aussi pertinents. Andrée, dans le contexte de baisse de taux d'intérêt anticipé d'ici la fin d'année et aussi évidemment pour 2025, est-ce qu'on devrait opter pour un taux fixe ou un taux variable pour notre hypothèque? 

Très bonne question Simon, et effectivement question qui est très d'actualité. Donc, le choix entre un taux fixe et un taux variable pour une hypothèque dépend de plusieurs facteurs, surtout dans un contexte de taux baissiers. Notre tolérance au risque, notre situation financière et notre vision des tendances économiques à court et moyen terme sont autant d'éléments à tenir en compte dans notre choix. On doit d'abord aussi comprendre le contexte du taux baissier. Lorsque le taux directeur de la Banque du Canada baisse, les banques ajustent leur taux hypothécaires en conséquence. Les taux variables suivent généralement ces baisses de taux et peuvent devenir particulièrement avantageux à court terme. Les taux fixes, quant à eux, bien qu'ils soient souvent plus élevés que les taux variables au moment de la souscription, offrent une protection contre une éventuelle hausse future, mais il faut se rappeler cependant que ceux-ci suivent le taux d'intérêt des obligations à long terme 10 ans dont parlait justement Matthieu tout à l'heure et non le taux directeur de la Banque du Canada. Par conséquent, une baisse d'un quart de point du taux directeur ne signifie pas nécessairement que les taux fixes vont baisser d'autant. Il faut donc bien comprendre ce contexte-là avant de prendre notre décision.

Excellent point, effectivement Andrée, il y a plusieurs personnes qui pensaient que quand on baisse le taux directeur tous les taux fluctuent dans la même direction. Cependant comme tu viens de nous l'expliquer très clairement, ce n’est pas le cas car les taux sont influencés par des facteurs qui sont distincts.

Cela étant dit, quels sont les avantages de l'un et de l'autre? Si on regarde du côté du taux variable, bon ben vous devriez considérer un taux variable si vous pensez que les taux vont continuer à baisser ou le resteront bas pendant une période prolongée. Même chose si vous avez une certaine tolérance au risque et vous avez la capacité financière d'absorber les fluctuations potentielles à la hausse. Aussi si vous souhaitez profiter de pénalités plus basses advenant le cas que vous deviez rembourser votre hypothèque parce que les pénalités sur des taux variables sont moins élevés que sur les taux fixes, certaines institutions aussi offrent la possibilité de passer à un taux fixe si les taux augmentent. Du côté des taux fixes, vous pourriez considérer un taux fixe si vous préférez la stabilité et que vous souhaitez éviter certaines incertitudes, si vous pensez que les taux naturellement pourraient remonter à moyen terme et si vous avez une capacité budgétaire limitée pour venir absorber d'éventuelles hausses soudaines de vos versements. 

Donc encore une fois, Andrée là, le choix ne va pas automatiquement vers l'un ou vers l'autre. Et ce, même si nous sommes dans un contexte de taux baissier. Comme tu viens de le dire, on doit s'assurer de prendre en compte d'autres éléments dans notre décision. 

Tout à fait. Simon, il ne faut pas oublier aussi que certaines institutions financières offrent à leurs clients la possibilité d'avoir des hypothèques à taux mixtes ou à plusieurs tranches, soit une partie en taux fixe et une partie à en taux variable. Fait que ça, ça permet aussi de combiner les avantages de l'un et de l'autre, en réduisant les risques et en profitant partiellement des baisses de taux. En résumé, dans un contexte de taux baissier, un taux variable peut sembler plus avantageux à court terme, mais ça reste un pari sur la direction future des taux. Si vous êtes confortable avec un peu d'incertitude, le taux variable peut maximiser vos économies. Par contre, si vous privilégiez la tranquillité d'esprit, le taux fixe est une meilleure option. Encore ici, tout dépend de votre profil financier et de vos objectifs à court et long terme. Pour vous aider dans votre choix, comme d'habitude, n’hésitez jamais à consulter un spécialiste hypothécaire qui pourra évaluer votre situation personnelle et bien vous conseiller dans votre choix.

Merci beaucoup Andrée et j'espère tout le monde que les informations que tu nous as partagées vont être utiles. Quant à nous, on se reparle dans quelques semaines pour une prochaine capsule sur les perspectives immobilières. Merci beaucoup.

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