Alors bonjour, bienvenue à Impact Économique, nous sommes mercredi le
18 février 2026. Stéfane, quelle semaine. Salut, contente de te voir.
Bonjour.
Alors dis donc, il s'en est passé des choses, entre autres hier.
Avant qu'on aille dans le vif du sujet, dernière fois qu'on s'est vu,
tu nous parlais du marché, toutes nos réglettes étaient positives.
Peux-tu nous dire qu'est-ce qui se passe actuellement?
Donc tu veux une revue du mois?
Je veux une revue du mois, même si ça fait même pas un mois.
Enfin je te dirais, c'est un changement de classement au niveau de
la performance des indices. Les marchés boursiers en général font
mieux, marchés obligataires en hausse aussi parce que les gens
anticipent des baisses de taux. Mais remarque, la performance des pays
émergents, de l'Europe même du Canada dans un contexte où il y a
encore l'incertitude politique. Puis note que la S&P 500 va un
petit peu moins depuis le début de l'année, donc année à date, les
marchés boursiers toujours en hausse, pas trop inquiet de
l'environnement géopolitique pour le moment.
Excellent. Et autant que l'an dernier on parlait des Magnificent 7,
aujourd'hui la performance aux États-Unis s'explique encore par une surconcentration.
Ben ce qui blesse aux États-Unis présentement, c'est qu'il y a
beaucoup de questionnements par rapport aux dépenses afférentes au
déploiement de l'intelligence artificielle. Je m'explique. Les 4 plus
gros, si tu veux.
Créateurs.
Créateurs d'Internet parce que je veux pas les nommer ici,
représentent maintenant, investit à eux seuls, 680 milliards de
dollars pour 2026 qui est 2.1 % du PIB. Tu sais Nancy lorsqu'on
regarde les grands projets aux États-Unis du secteur privé, ça dépasse
même le déploiement des chemins de fer à la construction du système de
chemin de fer aux États-Unis entre 1850 puis 1859. Puis à ceux qui
s'interrogent, comment l'IA se compare par rapport à l'Internet, bien
c'est presque, c'est 2 fois et demi plus gros, donc c'est important.
La question des gens ils disent mais mon Dieu, est-ce qu'ils en
déploient trop? Est-ce qu'il y a un rendement marginal qui devient
négatif pour le déploiement de l'investissement? Puis aussi ce que ça
déplace d'autres gens? Donc si j'avais à te le décrire, c'est que le
marché boursier américain il est négatif, oui depuis début de l'année
à cause des TI, mais remarque que tout ce qui est afférant ce dont on
a discuté la dernière fois, la réindustrialisation des États-Unis, des
croissances quand même importantes, 16 %, 21 %, 12 %. Donc il serait
faux de dire que la faiblesse des Américains, du marché boursier
américain est généralisée. C'est vraiment l'interrogation par rapport
au secteur des TI, est-ce qu'on en met trop de capital.
Qui peut être aussi sur le court terme parce qu'on parle depuis le
début de l'année, puis on a même pas 2 mois de complétés, alors à voir
ce que les prochains mois.
Mais t'as raison de dire que ça a été tellement bon pour les TI
l'année passée, c'est que les gens se font une rotation sectorielle,
ils ont peut-être trop de concentration TI. Donc t'as absolument
raison. Ça veut pas dire qu'ils vont pas livrer la marchandise au
niveau des profits, mais les valorisations sont élevées, puis les gens
en ont beaucoup dans leur portefeuille.
Tout à fait. Et chez nous? Ben au dernier appel tu nous avais dit
que l'or serait à 5000 $, puis je pense que 2 jours après qu'on ait
fait notre Impact économique, l'or était à 5000 $.
Ben ça va vite. Donc si on regarde au niveau des actions aurifères
au Canada, donc le S&P TSX en hausse de 4.3 %, remarque les
matériaux font bien, 18 %. Donc on sait que ça c'est dominé par l'or,
mais note que le secteur énergétique va bien aussi. Mais t'as raison
de dire que l'or fait bien puis ça impacte plein de choses avant qu'on
parle du prix parce que je sais que tu veux savoir le prix, mais ça
fait en sorte de même biaiser les perceptions qu'on a du Canada. Il y
a des politiciens qui disent clame haut et fort que, regardez, on est
en train de se diversifier au Canada par rapport à notre secteur
d'exportation et à preuve, les exportations vers les États-Unis sont
en baisse de 10 %, ce que tu vois jamais en dehors de récession. Note
hors États-Unis, c'est en hausse de plus de 20 %. Donc, les gens me
demandent qui sont nos nouveaux meilleurs amis. Ah, je peux pas vous
en donner, je peux pas vous les nommer, mais je peux vous nommer une
chose, le prix de l'or explose présentement. Près de 5000 $ l'once.
Note Nancy que la moyenne historique en dollars de 2025 pour que tu
puisses la comparer depuis 1791, c'était 650 $ l'once.
Et ça il y avait un dicton jadis que tu peux nous partager, parce
que c'est afférant au complet des Messieurs à l'époque.
Ben je peux pas me prononcer pour les femmes, mais historiquement,
une once d'or, sa valeur d'équilibre était associée à la capacité des
Messieurs de s'acheter un costume relativement bien.
Alors aujourd'hui à 650 $ je pense qu'on peut s'acheter un costume
encore très bien. À 5000, t'as vraiment un vêtement griffé.
Ben ceux qui ont de l'or à la maison, c'est le temps de vous
habiller les Messieurs. Tu pourrais le voir comme ça, mais clairement
c'est peut-être pas, c'est un prix bien au-delà de sa valeur
d'équilibre, Nancy. Ça veut pas dire que tu peux pas rester là
longtemps mais ça veut dire qu'il faut aussi que tu prennes en
considération, que il y a des choses qui peut revenir à la normale.
Tout ça pour te dire que la cible qu'on s'est mis en tête pour les
prochains 12 mois, c'est plutôt une cible entre 4000 et 6000 $ pour
l'or. Pourquoi? Parce que j'ai encore des politiques déployées aux
États-Unis qui sont porteuses ou qui limitent le potentiel baissier.
Et on s'entend, je peux pas rester indéfiniment au-dessus de la valeur
d'équilibre, on va revenir converger, mais pour le moment ça demeure porteur.
Ça demeure porteur. Et donc sans l'or on aurait l'air de quoi
aujourd'hui? Parce que c'est un meilleur ami à qui on peut pas
vraiment donner un nom.
Ben c'est à dire que la balance commerciale canadienne c'est un
déficit de 30 milliards de dollars. Si j'excluais l'or on serait à un
déficit de 80 milliards de dollars, donc ça serait 2 fois et demi
pire. Ça demande l'impact que ça a eu. Ça a aidé à supporter le marché
boursier bien évidemment, la devise, mais aussi même l'économie
canadienne au niveau du secteur des exportations. Donc c'est pas un
nouvel, on s'est pas trouvé de nouveaux amis, c'est que c'est un vieil
ami qui en fait beaucoup pour nous présentement étant donné son prix.
D'où l'importance de la diversification. Avoir plusieurs amis, tu
vois, chacun à son tour vient faire la différence.
Ça nous en prend plus, mais pour l'or présentement, ça nous amène
une situation aussi où la capitalisation boursière des aurifères, pour
la première fois de l'histoire Nancy, est plus élevée que le secteur énergétique.
Et ça c'est du jamais vu. Donc probablement que c'est pas quelque
chose qui va être durable à long terme.
On peut demeurer là longtemps, on peut durer là encore un bout de
temps, c'est juste d'avertir de dire aux gens, bon, on est quand même
une situation, on n'est pas à l'équilibre, donc les pondérations sont
importantes. Ça montre aussi pourquoi il y a des intérêts
internationaux pour acheter la S&P TSX parce qu'on a une grosse
composante aurifère. Tout ça pour dire encore une fois, soyez
conscient lorsque vous prenez des choix sectoriels, il y a des
secteurs qui sont plus étirés que la normale.
Exactement. Et donc hier matin, conférence de Monsieur Carney sur le
nouveau projet pour soutenir la défense nationale.
T'as raison. Donc on a besoin de nouveaux amis, donc des vrais
nouveaux amis, pas juste une commodité. Puis c'est là qu'intervient
Ottawa hier. Moi je suis encouragé Nancy parce que ça fait longtemps
qu'on en parle, qu'il faut réindustrialiser le pays, puis si on doit
se fier uniquement aux aurifères, au pétrole puis aux produits
agricoles, on ira pas loin en termes de diversification de partenaires
commerciaux. De là l'engagement de Monsieur Carney, une grosse annonce
là. On veut utiliser un changement de cap partiel par rapport aux
États-Unis, mais ce qu'on veut faire c'est réindustrialiser via le
secteur de la défense nationale. Ça Nancy, on n'a pas fait ça depuis
au moins 60 ans au Canada.
Réindustrialiser point et encore plus par rapport à la défense
nationale comme moyen de support.
T'as raison, on a une urgence de réindustrialiser notre secteur
manufacturier est trop petit, puis on veut diversifier. Bon maintenant
on met en place des sommes colossales, on veut passer de 2 % du PIB à
5 % du PIB, c'est beaucoup d'argent ça. Puis on se dit on va avoir un
système d'approvisionnement fait au Canada qui pourrait favoriser les
entreprises domestiques, mais aussi en même temps on veut mettre un
contenu canadien. Tu peux attirer du capital de l'étranger qui
viendrait un transfert technologique. Je pense c'était la façon de
faire, c'est important, c'est beaucoup d'argent. Puis je pense que
enfin on a un plan de match qui nous amène sur la bonne piste au
niveau de la diversification et la réindustrialisation surtout Nancy.
Puis tous ces investissements-là évidemment risquent de créer des
emplois, des emplois de qualité, des emplois bien rémunérés, des
emplois spécialisés.
Oui puis tu sais c'est important de le déployer parce qu'avec
l'incertitude qui a présentement par rapport à l'accès au marché
américain, bon le secteur manufacturier continue de s'atrophier, puis
ça vient impacter les emplois au Québec ou en Ontario où la majorité
du secteur manufacturier est localisé. T'as raison de dire parce qu'il
y a un aspect régional. La création d'emplois au cours des 12 derniers
mois, c'est surtout dans l'Ouest lorsque je regarde les 4 grosses
provinces, alors que dans l'Est c'est plus difficile. Donc la
politique de réindustrialisation devient porteuse, même pour
stabiliser ton marché de l'emploi. Donc c'est la raison pour laquelle
je dis mon Dieu, on a un plan au Canada axé sur quelque chose de
lucide au niveau de la réindustrialisation.
Et on a regardé beaucoup le Canada, on s'est beaucoup concentré sur
nous-mêmes. À l'échelle mondiale, qu'est-ce que tu vois qui s'en vient?
À l'échelle mondiale, ben je pourrais te dire que ce phénomène-là,
c'est le phénomène de la reflation dont on a parlé. Si tout le monde
veut faire un processus de réindustrialisation, de remilitarisation,
mais encore une fois je pense que nous on a avantage géographique pour
attirer le capital ici puis faire des alliances. Mais au niveau
mondial, c'est la raison aussi pourquoi les marchés émergents font
bien, on l'a présenté tout à l'heure, c'est une question de prix, de
commodité, et cetera, et cetera. Donc le processus de reflation qui en
général bénéficie à l'économie canadienne, les secteurs boursiers,
cette stratégie-là est toujours en place, puis on verra pour la 2e
moitié de l'année là.
Excellent. Ben merci Stéfane, très hâte à notre prochain appel parce
que ça va nous permettre de voir, jusqu'à maintenant tu es toujours
sur la cible, alors essayons de voir ce que notre prochain mois va
nous amener. Merci beaucoup d'avoir été là aujourd'hui, merci à vous.