Bonjour, bienvenue à Impact économique. Nous sommes mercredi le 18
mars 2026. Bonjour Stéfane, un plaisir de te revoir aujourd'hui.
Bonjour Nancy.
Stéfane, la dernière fois qu'on s'est vu il y a un peu près un mois,
c'étaient les événements au Venezuela qui avaient marqué notre
conversation. Et aujourd'hui, un autre événement majeur à l'échelle
internationale se produit, c'est-à-dire le conflit en Iran qui
malheureusement s'étend à plusieurs pays du Moyen-Orient. Donc
d'abord, on veut dire que on est de tout cœur avec les populations qui
sont touchées de près ou de loin par ces événements et beaucoup plus
difficile pour nous de sentir à distance ce que les gens vivent.
Toutefois, grâce à toi aujourd'hui on va comprendre un peu plus quels
sont les impacts économiques de ces événements-là, donc je te passerai
la parole.
Donc je peux pas parler de tragédie humaine mais je peux parler de
peut-être l'impact économique Nancy puis parler que c'est un choc
pétrolier qui arrive presque jour pour jour après, 4 ans après.
L'Ukraine.
L'Ukraine.
Qui était en février 2022.
Donc pour aider les gens à comprendre, ce qu'on a fait aujourd'hui
c'est qu'on a exprimé le prix du dollar, ben le prix du baril de
pétrole en dollars 2026, ce qui nous permet de remonter aux années 70.
Remarque qu'à 100 $ le baril, présentement autour de 100 $ le baril,
ben on est bien en deçà du 130 $ le baril de 2022. Bien en deçà aussi
du choc pétrolier des années 80.
Qui est souvent l'événement auquel on se réfère actuellement.
Oui.
Tout le monde parle de ce choc-là.
C'est un équivalent de pétrole de 160 $. Mais ce que je dirais
Nancy, ce qui est important, c'est le premier choc d'offre pétrolier
qui émane du Moyen-Orient depuis les années 90 donc.
C'est quand même un événement majeur.
36 ans, donc c'est un événement qu'on essaie de comprendre. Les
règles de pousse normalement utilisées par les économistes ne
s'appliquent peut-être pas totalement comme ils l'ont fait du passé.
Surtout que le détroit d'Ormuz c'est très très important pour
l'économie mondiale.
Tout à fait. Et les prix du pétrole c'est une chose, mais il faut
les mettre en contexte aussi. Est-ce que tu peux-tu nous aider à voir
un peu plus clair?
C'est ça qui rend difficile l'analyse Nancy parce qu'un choc
pétrolier ça dépend aussi d'où il se produit dans le cycle économique.
Ce qui était particulier de celui de 2022, c'est quoi s'est produit à
la sortie de la COVID alors que l'inflation était déjà à 9 %, donc les
banques centrales ont pas eu le choix que de réagir. Il dit mon Dieu,
l'économie va bien, l'inflation 9 %, je n'accommode pas le choc
pétrolier, je monte les taux d'intérêt, les taux d'intérêt à long
terme montent aussi. Or présentement l'inflation est autour de 2.5 %,
donc il y a un certain degré de patience des banques centrales
auxquelles on est en droit de s'attendre. Par contre, il faudra voir
pour les prochains mois parce que les droits de remous c'est pas juste
du pétrole.
Il y a du soufre.
Gaz naturel liquifié, de l'hélium, ça ça fait partie de la chaîne de
production manufacturière. Puis ça ça existait pas dans les années 90
lorsqu'il y a eu le dernier choc pétrolier, donc on verra pour la
Réserve fédérale. Tout ce que je peux dire Nancy pour l'instant, c'est
que les banques centrales peuvent se permettre d'être un peu plus
patientes que 2022, mais encore faut-il composer avec l'impact des
tarifs imposés par les États-Unis. Donc il y a de l'incertitude par
rapport à la Réserve fédérale.
Effectivement, mais on a vu d'ailleurs ce matin la Banque du Canada
a pas bougé ses taux. Faudra voir cet après-midi ce qui se passera
pour les États-Unis. Mais t'es déjà assez confiant de nous dire ben je
ne devrais pas bouger.
Oui parce que n'oublie pas que dans les années 2022, la raison pour
laquelle la Fed majorait ses taux, c'est que l'emploi carburait à une
croissance d'emplois de 400 000 postes par mois. Le taux de chômage à
3.2 % présentement. Ça fait 6 mois que les Américains ont pas créé
d'emplois, puis le taux de chômage à 4.4 %. N'oublie pas la Réserve
fédérale a un mandat double: le marché du travail de même que
l'inflation. Donc il y a fort à parié qu'elles vont demeurer sous les
lignes de côté, du moins pour les 2 à 3 prochains mois, de façon à
voir ce qui se passe avec l'impact du choc pétrolier.
Tout à fait. Et tout ça a un impact sur les rendements boursiers.
Oui parce que n'oublie pas choc pétrolier combiné avec un
resserrement monétaire, c'est pas très bon pour la bourse. Puis c'est
exactement ce qui s'est passé en 2022. Donc si on regarde au niveau
mondial, 12 mois après le début de choc pétrolier, la bourse est en
baisse de 17 %, aux États-Unis on est en baisse de presque de 21%.
Puis remarque, comme c'est presque aligné jour pour jour, 3 mois après
le début de l'année, la bourse est en baisse de 5 % cette fois-ci.
Remarque que au niveau mondial pour 2026, donc cette année, on est à
peu près inchangé. Donc faudra voir, mais sur 3 mois il y a très peu
de régions qui sont en hausse. Le Canada fait très bonne figure avec
l'Amérique latine, donc des pays producteurs de ressources naturelles.
Donc pour l'instant il y a une certaine résilience. Faut que vous
choisissiez géographiquement, les impacts seront pas les mêmes d'un
pays à l'autre.
Et donc justement, on voit à chaque fois qu'on a la chance de se
parler toi et moi un petit graphique qui nous démontre la performance
boursière depuis le début de l'année.
En dollars canadiens.
En dollars canadiens toujours.
Rendement total, rendement total. Donc rendement total, la bourse
canadienne 4.3 %. Remarque, aux États-Unis en baisse de 1.6 %, on a
parlé le mois passé des inquiétudes au niveau de l'intelligence
artificielle, les logiciels, et cetera, puis peut-être même
l'inflation. Donc on verra pour la Réserve fédérale, mais pour
l'instant le Canada tient le coup.
Oui tout à fait et on a la chance d'être aussi un pays producteur de pétrole.
Ben souvent les gens disent ben que le Canada on devrait avoir
honte, mais non, faut pas avoir honte, il y a le contexte géopolitique
avec lequel on doit opérer, puis tout le monde a besoin de ressources
naturelles, même en 2026, Nancy. Puis la raison pour laquelle le
Canada fait bonne figure, c'est que le dollar canadien fait bonne
figure. Pourquoi? Parce que les investisseurs prennent un peu refuge
dans l'indice canadien. Pourquoi? Parce que si on compare les
principales monnaies réserves telles que définies par le Fonds
monétaire international mais c'est le Canada qui est la plus grosse
balance commerciale, le surplus balance commerciale attribuable aux
produits énergétiques. Donc c'est ça qui amène les gens à dire, ben
écoute, si je dois investir à la bourse, c'est que je dois être
discriminé par région, ben le Canada c'est peut-être l'endroit où être présentement.
Et donc on est un pays producteur de pétrole oui, mais notre
production a augmenté, mais celle-là aussi, mets nous la en contexte,
parce que c'est pas juste parce qu'on en produit plus.
C'est le Canada depuis 2022 produit 1 000 000 de barils par jour de
plus. C'est pas vraiment parce qu'on a rajouté plus de capacité de
production, c'est que on a optimisé les pipelines existants qui nous a
permis d'augmenter d'un 1 000 000 par jour. Bien sûr, on a ouvert
récemment un nouveau pipeline. En fait, c'est une rénovation, un
agrandissement si tu veux, du pipeline qui nous permet de passer de
300 000 à 800 000 barils d'exportation vers les pays asiatiques. Mais
y a plus que ça parce l'augmentation était plus grande que ça. C'est
vraiment l'optimisation, l'innovation.
L'innovation technologique.
Qui a permis à des pipelines de devenir plus performantes. Donc,
nous sommes un important producteur mondial. Il y a beaucoup d'alliés
qui disent, ben écoute est-ce que le Canada pourrait être ma solution
pour mon approvisionnement futur. Puis je pense que le gouvernement
fédéral est en train d'y penser que c'est peut-être logique parce que
le géopolitique est beaucoup plus important qu'à l'époque.
Oui tout à fait. Et lors de notre dernière conversation on parlait
du prix de l'or, mets-nous le donc aussi celle-là en contexte versus
2022. Ça pourrait être intéressant.
Dépendamment de votre vue par rapport au dollar américain, parce que
le dollar américain avec le resserrement monétaire de la Réserve
fédérale en 2022, s'est apprécié de à peu près 20 %. C'était pas une
bonne nouvelle pour l'or parce que l'or a perdu 20 % à cette
époque-là. Puis on en a parlé comme c'est important, parce que c'est
une grosse capitalisation boursière du S&P TSX les aurifères présentement.
C'est le tiers.
Puis présentement le prix de l'or tient le coup. Ce même fait, il
performe un peu après 3 mois comme il le faisait en 2022. Donc là où
je niche présentement, Nancy, c'est de dire que je pense pas que le
dollar américain peut s'emballer comme en 2022. Je pense pas que la
Réserve fédérale va monter les taux. Puis je pense que les gens ont de
plus en plus de méfiance par rapport à.
L'incertitude.
La stratégie de la Maison Blanche, si tu veux qui est: est-ce que je
devrais accumuler des trésors américains dans le contexte actuel? Je
vais pas vendre mon or. Donc, ma vision c'est qu'on a encore une
vision de résilience pour les aurifères, donc de là notre vision un
peu plus optimiste pour le dollar canadien en deuxième moitié d'année.
On aime ça. Et donc, peux-tu nous parler de notre population? On
avait vu au dernier, à notre dernière conversation qu'on avait
commencé à avoir une décroissance. La tendance se maintient.
Donc j'ai une bourse qui, encore une fois cette année jusqu'à
présent, performe mieux que l'économie. Puis on en a parlé, une des
raisons pour laquelle l'économie canadienne fait pas si bien que ça,
c'est parce que ma population est en déclin, nouvelle politique
d'immigration qui est déployée au fédéral depuis à peu près 6 mois.
Population vieillissante aussi.
Population vieillissante. Données publiées ce matin, donc c'est
encore tout chaud. Deux trimestres consécutifs de contraction de la
population. Ce qui est inédit en glissement annuel, la population est
en déclin de 100 000 habitants. C'est la première baisse depuis la
Confédération de 1867, donc il y a des impacts à moyen terme qui vont
continuer pour le secteur résidentiel, mais en même temps une
croissance plus modérée, Nancy.
Est aussi souhaitable.
Est aussi souhaitable mais, bien que nous devons lever l'incertitude
pour l'investissement des entreprises, donc renégocier l'accord de
libre-échange avec les américains c'est important cet été. En
attendant, je peux pas monter les taux si je suis au Canada dans ce
contexte-là, d'autant plus que l'inflation est à 1.8 %. Grosse
différence avec les États-Unis, donc plus de latitude d'être patient
pour la banque du Canada dans le contexte actuel. Donc, en résumé
Nancy, bien malin qui peut prédire avec précision l'impact d'un choc
pétrolier émanant du Moyen-Orient. Peut-être qu'il y a trop de
complaisance au niveau des anticipations de croissance des bénéfices.
Soyez prêts à vivre avec beaucoup de volatilité au cours des
prochaines semaines.
Merci Stéfane. Et à ceux qui nous écoutent, si jamais cette
volatilité vous inquiète, ben vous avez le privilège de pouvoir parler
à vos conseillers qui sont là pour justement répondre à vos questions.
Et aussi, les émotions sur 3 mois ne sont jamais un bon guide. Donc si
jamais vous êtes inquiet, appelez ou contactez vos conseillers qui se
feront un plaisir de remettre tout ça dans votre propre contexte.
Stéfane, merci beaucoup pour cette conversation aujourd'hui.
À la prochaine.
À bientôt.